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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

celai qui renferme les ruines (le Cro-tone , sa rivale et son implacable en-nemie. Nous y arrivons le jour suivantet ne trouvons également dans l’illustrepatrie de l’athlète Milon que décom-bres et que poudre. En vain cherchons-nous encore dans ces belles contréesles traces de Thurium , colonie desAthéniens, qui mit à profit la bellesituation dans laquelle était Crotone , etfut la patrie de Charondas ; nous netrouvons les cendres de l’une ni cellesde l’autre, et la mémoire seule de cegrand législateur, qui se tua pouravoir , quoique involontairement ,violé ses propres lois , survit aux lieuxqui le virent naître (i). Hérodote vint dans Thurium lire aux Grecsassemblés la grande histoire, fruit deson expérience et de ses voyages, etcette colonie fut appelée aux mêmeshonneurs dont jouit Olympie .

C’est à huit milles seulement de Cro-tone qu’apparaît encore de nos joursle cap Colonne; nous ne saurions nouséloigner de l’une sans parler de l’au-tre : car ce cap n’a pas moins d’illus-tration que la cité.

Formé d’un carré long de prèsde cent soixante - quatre pieds delarge sur cent quinze de profondeur,le temple de Junon Lacinienne , d’or-dre dorique comme ceux de Pæstum ,fut bâti sur ce promontoire. Dominantla mer et la terre, il planait pour ainsidire sur les deux élémens à la fois ; etquoique détruit par le temps, bien

(i) Charondas avait défendu, sous peine demort, de se présenter armé aux assemblées dupeuple. Obligé de sortir de Thurium pour pour-suivre des brigands qui dévastaient son territoi-re , il y entra et se présenta à l’assemblée, sansse rappeler qu’il n’avait pas encore déposé sonépée lorsqu’un des citoyens lui dit : Tu violestoi-même la loi que tu nous as donnée : je laconlirme, répondit-il en tirant son épée, et ilse tua dans le même instant.

moins que par les hommes, sa mé-moire est vivante encore dans les fas-tes des arts. Les guerriers, soit qu’ilsvolent à la conquête ou à la défensedes empires , n’en ménagent pas tou-jours les monumens ; et celui qui portale coup le plus fatal à l’un des plusgrands sanctuaires de Junon , fut An-nihal. Les Grecs, qui faisaient partiede son armée, lorsqu’il dut abandon-ner lTtalie pour retourner fugitif enAfrique , ne l’y voulurent pas suivre,et, se retirant dans ce temple , il les yassiégea,les vainquit, et sa vengeances’étendit jusque sur un monument,l’objet à la fois de la vénération despeuples et de l’admiration des artistes.

Voici Catanzaro , bâtie au dixièmesiècle, sous le règne de NicéphorePhocas, qui régnait à Bizance ; Squil-lace , que Virgile qualifie de l’épithètede Navifraguni , en est peu éloigné,et tout nous annonce Gérace , sous la-quelle gît l’antique Locres , patrie deZaleucus , et l’une des quatre républi-ques , gloire jadis de la grande Grèce.

Colonie des Locriens hellènes , Lo-cres ne tarda pas, fille heureuse et su-perbe , d’éclipser sa mère par une suitenon interrompue de longues prospéri-tés ; mais elle reçut Denys le jeune,tyran de Syracuse, dans ses murs, lors-qu’il se sauva de cette ville, et fut payépar lui de la plus noire ingratitude,car il la ravagea sans pitié ; les Ro-mains et le temps firent le reste, etLocres subit, comme ses voisines , lesort souvent attaché à ce qui est grandsur la terre ; elle périt en laissant seu-lement une faible empreinte de sestraces ; mais fière d’avoir donné le jourà Zaleucus . Jusqu’à ce législateur, lespeines, loin d’être proportionnées auxdélits envers les coupables, étaient en-tièrement livrées à la volonté du ju-ge, et tout prescrivait le devoir de