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les déterminer: il le lit; et Thémis ,grâce à son génie , retint ou appesantitavec plus d’équité son glaive sur lestêtes des coupables. Zaleucus fit plus,et, non moins judicieux en matièrecivile qu’en matière criminelle, il fondaces tribunaux arbitraux , qui, garausde la paix des familles, en devaientterminer tous les débats sans avoir be-soin de recourir à d’autres qu’à elles-mêmes pour assurer le repos et lebonheur des foyers domestiques : enfin,s’élevant des considérations du procèscriminel et civil au grand procès po-litique, il s'efforça de fonder, ainsiqu’elle existait dans Athènes , l’égalitéparmi les citoyens. Que dire de plushonorable et de plus grand sur ce ver-tueux et véritable philosophe? Dansun code de lois, il détermina d'unemanière précise les peines et les cliâ-timens, c" qui n’avait pas encore étéfait en jurisprudence chez les Grecs.
Mais de Gérace à Rheggio, trentemilles suffisent pour que nous attei-gnions cette cité, une des plus belleset des plus infortunées de la grandeGrèce; nous y arrivons, et bientôt va seterminer notre pèlerinage dans le plusbeau et le plus célèbre pays de la Pé-ninsule italique. Située à l’extrémitédes Apennins ( Finis jdpennini)Rheg-gio, que fondèrent probablement lesChalcidiens, fut renversée de fond encomble, dès l’an 600 de la fondationde Rome; Denis de Syracuse l’assiégeaet la prit ; et dans l’ancien comme dansle moyen âge, elle n’a pas cessé d’êtreen proie, tant aux fureurs de l’Etna qu’à celles du Vésuve , entre lesquelselle est placée pour son malheur. Tot-tila et le trop fameux corsaire Barbe-rousse la saccagèrent l’un après l’autre,et sans la beauté de son ciel, la fertilitéde son territoire, elle serait encore laplus malheureuse des villes , le trem-
blement de terre de 1784 ne l’ayant pasmoins ruinée que Messine .
Prêts à quitter la grande Grèce auxantiques et doctes souvenirs, toutnous impose le devoir de parler dechoses plus récentes, en approchantd’une ville qui acquit en 1814 une san-glante célébrité : cette ville est lePizzo.
Assise aux bords de la Méditéranéeque nous longeons depuis que nousavons laissé le détroit au delà duquelest la Sicile , Pizzo, remplie de pêcheurset de matelots, compte à ce titre dans lecommerce du cabotage qui se fait surcette mer que Napoléon appelait unlac de France , et révéla dans ses liabi-tans, lors de l’événement que nous al-lons raconter, ce caractère calabraiséminemment empreint d’arcleur et deviolence.
Monarque fugitif, et plein de l’amerregret d’avoir perdu le trône qu’il te-nait de Napoléon et des victoires del’empire , Murat, imitant en cela sonbeau-frère lui-même, qui s’était res-saisi du sien, résolut, avec un très-petit nombre d’hommes pris, tant auxenvirons de Toulon qu’en Corse, où ils’était caché depuis sa fuite de Naples ,de descendre de nouveau dans ceroyaume, dans le même but que l’em-pereur était descendu en France , etapparut tout à coup vers la fin d’octo-bre 181 5 sur la plage du Pizzo . Vivele roi Joachim ! se mit à crier sonescorte, à plusieurs reprises; mais,soit que les habitans fussent ou nonprévenus, loin de trouver aucune sym-pathie en sa faveur , Murat les vit s’ar-mer , courir sur le rivage, et faire feusur les deux bâtimens, qui seuls com-posaient sa flottille de débarquement,lesquels prirent aussitôt le large ets’enfuirent. Murat, intrépide quoiquetroublé par un tel accueil, s'efforce, au