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travers des balles, de mettre à Ilot unbateau de pêcheur qu’il voit sur lagrève, afin de rejoindre ses compa-gnons infidèles ou timides ; vains ef-forts ! il est entouré par une foulefurieuse et , malgré l’habit de gé-néral français dont il est vêtu, lesordres de plusieurs souverains qu’ilporte sur sa poitrine, et le panache écla-tant qui flotte sur son chapeau bordéd’une large broderie , il est traîné dansla forteresse où il parvient, ses vête-mens en lambeaux, et n’ayant plusmême les touffus favoris qui enca-draient sa martiale figure ! Des pro-clamations imprimées, dans lesquellesil traitait d’usurpateur le monarquerestauré de Naples , et se disait le roilégitime de ce royaume, furent, dit-on,trouvées sur lui , et ces documens ,joints à sa présence hostile, étaient sansdoute suffisans pour le faire juger etcondamner. Il le fut en effet, et lesministres de Ferdinand, en apprenantà la fois sa tentative et sa capture, lefirent traduire à une commission mili-taire, dont les juges 'avaient presquetous reçu leurs grades de l’accusé quiparaissait devant eux ; l’identité futaisément reconnue, et tandis que Mu-rat , aussi confiant dans sa fortune qu’ilavait peu de motifs de l’être , s’atten-dait à une fin moins malheureuse, ilapprit qu’il était condamné à mourir.Conduit dans la cour du château, etplacé entre deux rangs de soldats , lafermeté d’un homme qui, comme lui,s’était trouvé dans une foule de batail-les, ne se démentit point; et, aprèsavoir donné quelques larmes à sa femmeet ses enfans , il subit la mort sans souf-frir qu’on lui en dérobât l’appareil ; carce fut lui qui dit aux soldats, en la leurmontrant, de frapper à la place où bat-tait son cœur.
Celui qui n’a pas vu le royaume de
Naples depuis que les révolutions po-litiques , à l’instar de ses volcans, enont pour ainsi dire secoué, labouré lesol, aurait peine à le reconnaître, tant,même au fond de la Péninsule , elles ontdéveloppé, agrandi l’activité de seshabitans et leur industrie. Métropolede la Calabre citérieure où nous allonsau sortir du Pizzo, Cosenza en est lapreuve, et, comme tant d’autres, ellelaisse apercevoir de plus en plus destraces riantes , du travail et de la ci-vilisation. Dotée d’une préfecture etde toutes les administrations qui s’yrattachent, cette ville est, comme la ca-pitale des Abruzzes , pleine de mouve-ment et de vie, tandis qu’autrefois,désolée par le brigandage , elle en futsouvent l’asile, et la propriété ni lecommerce n’y jouissaient de ce dontils ont tant besoin, la sécurité et labonne police. La soie, les vins de plu-sieurs sortes , et elle en compte d’ex-cellens,des huiles abondantes autantqu’elles sont bonnes lorsqu’elles sontconvenablement clarifiées , et surtoutle fruit médicinal du frêne à la manne,telles sont les richesses du territoired’une cité qui joint à ces avantagescelui de rappeler au voyageur plusd’un grand et poétique souvenir ; nousciterons le plus imposant de tous.
Vainqueur et destructeur de la Grèce et de Home, Alaric, jaloux de faire en-durer à la Sicile le même sort et de ladépouiller comme il avait dépouil-lé le Parthénon et le Panthéon, diri-gea l’innombrable armée des Gothsavec laquelle il avait assiégé et pris laville éternelle sur une île remplie,comme on sait, des richesses des arts etde la nature, et traversant les Calabres ,il atteignit sans peine Cosenza qui,timide, ne songeait qu’à lui céder le pas-sage , loin de tenter une résistance inu-tile , quand tout à coup , et comme par