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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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NAPLES .

les plus rares métaux, et conservéscomme eux pour la jouissance et l’uti-lité des générations qui devaient arri-ver, à peine découverts, formèrent descollections immenses. Le palais de Por-tici, ceux de Naples , de Caser le et deCapodimonte en furent bientôt rem-plis, encombrés sans ordre ni discer-nement. L’artiste et le savant n’en re-tiraient qu’à grand’peine de faiblesavantages, lorsque Ferdinand I er . pen-sa à réunir ces richesses éparses etforma le musée de Naples , qui devinten peu d’années plus riche lui seul,dans ce genre, que toutes les collectionsdu monde réunies.

En i58y, le duc d’Ossune, vice-roideNaples, avait fait jeter les fondemensd’une vaste école de cavalerie ; DonRuis de Castro, comte de Lemos, quilui succéda, fit terminer cet édifice surles dessins du chevalier César Fon-tana, et le destina à l’université, quiy fut instalée en 1616, sous DonPédro,son fils et son successeur. Elle y restajusqu’en 1790 : alors le Palazzo dè régiStudii, c’est le nom qu’on donnait à cemonument, reçut les antiquités dissé-minées dans les résidences royales, eten outre la bibliothèque et les tableauxdes écoles modernes qui composent leMuseo Borbonico. L’université, trans-portée au collège de santo Salvadore ,fut remplacée par l’académie des scien-ces et des beaux-arts, fondée en 1780.

Ce monument, dont l'architecturesévère et assez pure répond à sa desti-nation actuelle, forme un carré longélevé sur un parallélogramme de 56opalmes sur 280. Un soubassement bienentendu corrige l’inégalité du terrain.Trois portes et quatorze fenêtres s’ou-vrent sur la façade principale, dont lecentre est occupé par un pavillon com-posé de deux ordres et d'un fron-ton. Un vestibule mal éclairé conduit

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à l’escalier et sépare l’édifice en deuxparties égales. Quatre statues colos-sales le décorent : ce sont celles del’Hercule Farnèse,de la Flore grecque,du Génie de Rome, et d’Alexandre Sé-vère . A gauche, en entrant, sont debelles salles de dessin; à droite, lagalerie des peintures antiques. Le mu-sée égyptien et la collection des bronzesont aussi leur entrée sous le vestibule,principalement éclairé par de grandescours placées sur les côtés. On a rangéavec beaucoup de goût, dans ces vastesemplacemens découverts, un nombreinfini de statues, de colonnes, de sar-cophages et de fragmens d’architecturetrouvés dans les environs de Naples .Des portiques fermés régnent tout au-tour; ils sont destinés en grande partieau musée des marbres antiques et mo-dernes. L’escalier, placé en face de laporte d’entrée, est orné d’une statuecolossale du roi Ferdinand I er ., vêtuen Minerve. Cet ouvrage, où Canovaa vaincu de bien grandes dilficultés,est un de ses plus beaux titres de gloire.Deux autres statues, pareillement enmarbre de Luni, et un lion, achèventde décorer l’escalier.

Dans l’impossibilité où nous sommesde donner dans un ouvrage de ce genrele détail de toutes les richesses du mu-sée Bourbon, dont le simple catalogueque l’on attend encore exigerait desvolumes et plusieurs années de travail,nous nous contenterons d’indiquer suc-cinctement les objets les plus rares etles plus remarquables, en commençantpar les peintures antiques. Plus dedix-sept cents morceaux composentcette collection unique au monde. Onsait que ces dépouilles, enlevées auxmurailles des maisons de Pompeï ,d’Herculanum et de Slabia, ne sont,pour la plupart, que l’œuvre de dé-corateurs et d’orncmenlistes, et, par