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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

9.48

conséquent, de mérite aussi différentque la variété des sujets représentés.Les plus précieuses de ces peinturesétaient transportables, non pas commenos tableaux que l’on suspend au pre-mier endroit venu, suivan t le caprice dupropriétaire, mais je veux dire exécu-tées à part, ou peut-être sur d’autresmurailles, d’où onles avait enlevées pardes moyens analogues à ceux employésaujourd’hui par les Napolitains , pourdétacher les fresques antiques. On lesencastrait dans la crépissure du murqu’ils devaient orner, et souvent ils yrestaient jusqu’à la destruction de l’é-difice; d’autres étaient tout-à-fait in-hérens àla muraille. Les procédés usitésparles artistes étaient à peu près lesmêmes pour l’un et l’autre genre. Lespeintures étaient exécutées à fresque ,ou du moins sur un enduit de chaux,et non à l’encaustique, comme on l’afaussement prétendu. C’est ce derniermoyen qu’emploient à Naples les faus-saires d’antiquités pompeïannes pourcomposer leurs pastiches qu’ils vendentau poids de l’or. La truelle du stuca-teur servait seule à unir les surfaceset à les préparer à recevoir le travaildu peintre, qui, pour fixer ses couleurs,n’employait ni résine, ni colle, nidétrempe , comme le prouve l’analysechimique à laquelle on a soumis difîé-rens fragmens. L’artiste évitait avecun soin scrupuleux l’usagd* des sub-stances colorantes que l’humidité oule soleil aurait décomposées. J’ai vuplusieurs ouvrages que M. Franckaîné, élève distingué de David, etdirecteur de l’académie de peinture deNaples , avait peints à l’huile avec descouleurs trouvées à Pompeï , l’œil leplus exercé n’aurait pu apercevoir lamoindre différence avec les nôtres. LesAnciens en avaient d’ailleurs plusieursdont nous chargeons notre palette ; par

exemple, l'ocre, le noir animal, l’ou-tre-mcr et le vermillon. Du reste,l’é-clat tant vanté de ces couleurs résulteplutôt de leur heureuse disposition etdu sentiment d’harmonie dont les ar-tistes étaient animés, que de la ma-tière en soi-même. Je n’ai remarqué,dans aucune peinture antique, l’em-ploi dés glacis et des vernis dont nospeintres modernes font un si grandabus. Les moyens des Anciens sont dela plus grande simplicité, et comme àl’époque de la naissance d’un art : bienque , suivant Winkelmann et d’autresiconologues distingués , la peinture fûtà son déclin lors de la destruction desvilles au pied du Yésuve. Les objetssont représentés par une teinte empâ-tée avec une légère demi-teinte ; quel-ques traits obscurs et quelques tou-ches lumineuses achèvent de les éclaireret de leur donner le relief nécessaire.Ainsi le clair obscur n’est pas renducomme chez nous par des teintes fon-dues, mais par des hachures à la ma-nière des dessins de Michel-Ange , oudes tailles de la gravure au burin. Lesprincipaux mérites de ces ouvragesconsistent dans la naïveté sans apprêtsdes compositions, et dans une expres-sion d’une vérité et d’une verve com-parables seulement aux œuvres de nosgrands maîtres, et qui donne à tout cequ’elles représentent un sentiment devie , de grâce, de terreur ou de gaieté.Ce qui frappe surtout, c’est l’étonnanterapidité d’exécution ; en observant lavivacité des traits et le sentiment em-preint dans ces compositions, il semblevoir autant d’inspirations rendues sansefforts et sans étude, tant la main obéitavec facilité à la pensée de l’artiste, etcela même dans les copies ; car plu-sieurs morceaux sont certainement desrépétitions d’ouvrages plus précieuxqui ne nous sont pas parvenus.