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toutes parts. Annese vint apporter lesciels du fort, ou grosse tour des Car-mes, cju'il commandait. Et c’est ainsiqu’en peu d’heures se termina unerévolution qui durait depuis neuf mois,et qui avait fait répandre des torrensde sang.
Le duc de Guise, à cette nouvelle ,voyant que pour lui tout était perdu,ne songea plus qu’à sauver sa vie en sejetant dans les Abbruzzes , où il pou-vait compter sur un assez grand nom-bre de partisans. Mais le commandantde Capoue avait envoyé de la cava-lerie à sa poursuite. Il fut joint sur laroute, près de Morrone. Ce fut là que,soutenu par le petit nombre d’hommesqui l’avaient suivi, il se défendit quel-que temps avec intrépidité ; mais, soncheval ayant été tué dans la mêlée , ilfallut se rendre. 11 fut conduit à Na-ples, et delà transféré en Espagne oùil resta cinq années prisonnier.
A l’exemple de la capitale, quelquesprovinces, qui s étaient insurgées,rentrèrent dans le devoir. D Juan,voyant que sa présence n’était plusnécessaire à Naples , passa dans la Si-cile : celte île aussi avait été toutrécemment le théâtre de plusieurs tu-multes populaires; elle était à peinepacifiée.
Le comte d’Onnatte était convaincuque, tant que les Français seraientmaîtres, comme ils l’étaient, de plu-sieurs ports surles côtes delà Toscane ,le royaume de Naples devait être sanscesse dans l’inquiétude d’une invasion.Il résolut donc de faire les plus grandsefforts pour chasser ces voisins tropdangereux. Il eut l’art de stimuler lezèle de la noblesse napolitaine, quivoulut partager les périls de cetteexpédition. Bientôt il eut rassembléune flotte assez nombreuse, que vin-rent encore grossir les vaisseaux qui
portaient D. Juan à son retour de laSicile . Les troupes du vice-roi se pré-sentèrent d’abord devant l’île d’Elbe ,et peu après forcèrent de capituler lesfaibles garnisons françaises qui occu-paient les places de Porlo-Longone etde Piombino dans la Toscane .
Avant d’entreprendre cette expédi-tion , le comte d’Onnatte s’était montréd’une sévérité excessive envers les Na-politains qui avaient figuré dans ladernière rébellion. Ne voulant pas pa-raître violer ouvertement l’amnistie,si solennellement accordée, il en fai-sait arrêter plusieurs sur de simplesdénonciations, souvent sur le bruitd’un chimérique tumulte populaire :et bientôt les uns périssaient sur l’é-chafaud ; les autres étaient égorgés se-crètement dans les prisons. Nous ver-rons dans la suite Annese lui-mêmecondamné au dernier supplice ; Anneseà qui l’Espagne avait tant d’obliga-tion, puisque,sans lui, elle eût perdu,peut-être pour toujours, le royaumede Naples .
N’est-ce point faire trop d’honneurau cabinet de Madrid que de supposer,avec quelques historiens, que la cruautédu comte d’Onnatle fut la cause de sonrappel? Quoi qu’il en soit, on luidonna un successeur, beaucoup plustôt qu’il ne s’y attendait ; et il fut sisensible à cette ingratitude de sa cour,qu’il alla ensevelir ses regrets ou sesremords dans un couvent de Chartreux.
Le comte de Castrillo le remplaça.C’était un homme d’un caractère in-dulgent et doux, qui, ayant exercépendant plusieurs années des ma-gistratures, aimait et voulait pratiquerla justice. Naples se promettait de re-trouver sous son gouvernement la paixet sa prospérité perdue. Mais le ducde Cuise devait, encore une fois, venirtroubler, du moins pour quelques in-