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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

aux portes pour qu’aucun étranger n’ypénétrât : la peste s’étant répanduedans les campagnes et les villes voisi-nes , on avait à craindre que les habi-tans de ces pays ne rapportassent denouveau la maladie dont à peine la ca-pitale se trouvait délivrée.

Rien de plus sage que les mesuresemployées par le vice-roi pour rétablirl’ordre dans Naples , après ces tempsd’infortunes, pour l’approvisionner degrains, et lui rendre sa population.ilallait jouir de son ouvrage, lorsqu’ilapprit que le comte de Pennarandaavait été choisi pour le remplacer.

La paix de l’Espagne avec la France venait d’être conclue, dans cette île desFaisans , devenue si fameuse par letraité qu’y signèrent, au nom de leursmaîtres, le cardinal Mazarin et DonLouis de Haro. C’était une circonstanceheureuse pour le nouveau vice-roi ; ildevait penser qu’il n’aurait plus às’occuper que des moyens de rendreaux peuples qu’il était chargé de gou-verner, une prospérité qu’ils n’avaientconnue que dans de courts intervalles.Maisl’Espagnen’avait point fait la paixavec le Portugal ; et, malgré la dépopu-lation du royaume de Naples , il fallutencore y lever des hommes pour aug-menter les troupes espagnoles..

D’un autre côté, les brigands conti-nuaient de désoler tout le pays : lescommunications entre les villes étaientinterrompues; ils se montraient jus-ques aux portes de Naples . En vainl’on voulait sévir ; ils étaient protégéspar des barons , et trouvaient un asylesur leurs terres. Dans l’intérieur desvilles régnait la plus affreuse déprava-tion. On y commettait avec impunitédes vols, des assassinats ; les églisesétaient toujours pour les coupablesdes refuges assurés ; les réclamationsdu gouvernement contre cet abusétaient vainement portées au pontifede Rome , Dans les rues on ne pouvaitmarcher qu’avec des armes. La sociétésemblait avoir atteint le dernier degréde sa dissolution.

Pennaranda fit beaucoup de règle-mens de police ; mais indulgent et doux,il ne savait pas les faire exécuter. Lecardinal Pascal d’Arragon, qui leremplaça, déploya , au contraire, uneexcessive sévérité. 11 commença parchasser de Naples tous les vagabondset gens sans aveu : il livra ensuite aubourreau un grand nombre de coupa-bles. Sous son administration, le glaivede la justice ne se reposa point : maiscette administration ne dura que dix-neuf mois.

VOYAGE A NOLA ET A PONDI.

Arrivé à Naples par un de ces ba-teaux dont la science et le génie ontfait les agens les plus actifs de la civi-lisation de l’univers, un jeune homme,né dans le nord âpre et glacé, s’y eni-vrait de l’atmosphère embaumée descontrées méridionales, et doué qu’ilétait d’un cœur d’artiste et d’une âmede poète, il ne cessait d’interroger les

beautés des arts et de la nature. Logéssous le même toit, mangeant à lamême table, partageant les mêmesgoûts , les mêmes désirs , nous tardâ-mes peu à nous lier tous les deux, en-traînés que nous étions par une mu-tuelle et douce sympathie. Hermann(c’est le nom de mon jeune ami) avaitune sœur qui, tandis qu’il maniait le