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d’Hermann) n’est pas moins coura-geuse que lui, et rien n’égale l’amourqu’elle a pour les arts et l’instruction,si ce n’est celui qu’à son exemple sonfrère leur porte. Au reste, qu’on necroie pas que le seul désir d’interrogerdes ruines nous guide, mes amis etmoi : non ; admirer une nature toujourslucide et grandiose est le sentimentqui s’y associe, et il tempère par sadouce présence tout ce que l’autre a degrave et de solennel. Ici, des deuxcôtés de notre route, une végétationluxuriante et balsamique ne charmepas moins les yeux que l’odorat, etplonge le voyageur dans une sorte d’i-vresse.
Nous ne pûmes passer à Capouela moderne sans gémir de l’extrêmemalpropreté de ses maisons, de ses rueset ses places publiques; car il n’estaucune cité en Italie qui soit moinsquelle habitable sous ce rapport. Quedire, en effet, d’une ville où vous nepouvez entrer dans une auberge sansêtre invinciblement détournédubesoinde manger ou de celui de dormir parl’excessive incurie apportée dans lesmets, et l’absence de toute propretédans le linge des lits , et tel est pour-tant l’accueil qui vous y attend. Ca-poue an tique'fut plus sage sans doute ;car, s’il en eût été ainsi de ses maisons,
1 au lieu de l’appeler du nom d'effémi-née, elle eût mérité celui de Capoue lamalpropre.
Teano , autrefois Teanum , que van-tent Strabon et Vilruve, nous appa-raît après la malheureuse Suessola ,mais c’est moins pour nous consolerque pour nous affliger encore. L’unepérit au huitième, et l’autre au neu-vième siècle: la première par le feu,et l’autre des mains de Capo di ferro« Tête de fer», barbare qui la maltraitatellement, que sa population disparut
comme si elle eût été engloutie par leVésuve . Le nom d’heureuse a été don-né à la Campanie ; elle dut l’abjurer àl’une des époques les plus violentes dumoyen âge.
Sinuessa , que fondèrent des peu-ples venus du Pont-Euxin , brillait peuéloignée de Telese , dont le nom estconsacré dans ces contrées. A ce nom,Hermann et sa sœur devinrent encoreplus attentifs qu’ils ne l’avaient encoreété; car, remplis qu’ils étaient del’histoire du peuple-roi, Telese leurrappelait un héros qui osa quaranteans résister à sa puissance.
Télésinus , qui portait le nom de sapatrie, est ce héros. Chef de la confé-dération des Samniles, quand la guerresociale éclata , il se grandit de toute lahauteur du talent, du courage et dugénie, et vint opposer à Rome , près deses murs même , un homme que furentjaloux d’imiter plus tard Arminius ,Civilis, Viriate, Vercingétorix , ettous ceux qui protestèrent contre latyrannie. A la voix de leur chef, lesSamnites se levèrent comme un seulhomme, et se liguant d’un côté avecles Lucaniens et les Bruliens, de l’au-tre, avec ce qui restait des Etrusques que Rome venait d’anéantir, la guerresociale fut résolue, signée, et les plusterribles hosLili tés commencèren t. Amede ce grand mouvement, Télésinusétait partout, et se multipliant pourainsi dire en plusieurs hommes, plu-sieurs héros, on le voyait tantôt auxportes de Rome , qu’il menaçait d’unsiège qui eût précédé celui d’Annibal,et tantôt au fond de l’Ombrie . Ce futainsi qu’il attira les Romains dans lavallée de Caudium. Ce grand hommeCl durer près d’un demi-siècle la luttela plus opiniâtre et la plus sanguinaire,et quoiqu’elle se terminât par sa capti-vité et sa mort, il brava l’une et l’autre