Grandeur & figure de la Terre. 8 s
» seroít supposer qu’il se trompa grossièrement dans fa» mesure» examinons un instant, fi cette derniere supposi-tion n’est pas extrêmement vraisemblable.
Le P. Riccioli ( Gecg. ref. pag. 144) estime que cetteopinion de 500 stades pour le degré venoit de Posido-nius ; il avoir trouvé par la hauteur de Canopus, quel’arc compris entre Rhodes & Alexandrie étoit la 48e.partie du cercle ( 40 ), il croyoit fur le rapport d’Era-tosthène que la distance de ces deux Villes étoit de3730 stades, il en conclud le degré de yco stades;mais pour faire voir combien il y avoir peu d’exactitudedans ies données, ôt peu de certitude dans le résultat,il n’y a qu’à considérer deux choses : la première, c estque la distance de Rhodes à Alexandrie, qu’Eratosthènestrouva de 3750 stades, avoir été jugée de 4 milles oude yooo par les navigateurs de ce temps-là, ôc quecependant Eratosthène n’avoit pu la mesurer lui-mêmeau travers de la mer ; Cléomède en rapportant cette opiniond’Eratosthène ( Cyclicœ theorìœ , c. 10 ) & Pline ( v. 31 ),ne disent pas qu il Peut mesurée, ce qui en effet, étoitimpossible de son temps; Strabon ( L. II, pag. 125 ),dit bien qu’il savoir mesurée par le moyen du gnomon,mais on voit assez que Strabon confond la mesure des arc céleste avec celle de la longueur itinéraire ; la pre-mière à la vérité pouvoit bien se faire avec les gno-mons , mais la seconde n’y avoir aucun rapport.
2629. La seconde observation qui prouve que cettemesure n’avoit aucune précision, ni aucune certitude tc’est que la distance de Rhodes à Alexandrie que Posi-donius supposoit de 7 0 -s en nombres ronds, n’est toutau plus que de S°Tf suivant les observations de M.de Chazelles, puisque la latitude de Rhodes est de 3 6 °zS 1 3o", & celle d’Alexandrie 3 i° 11' 28" ( Mém. acad.1761 , pag. 172); ainsi il y avoir près d’un tiers d’er-reur dans cette partie de la mesure. C’est donc mar-quer , ce me semble, trop de confiance dans les an-ciennes opérations, que de chercher à déterminer la