DES SUISSES.
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différons motifs, qu’il en étoit même quelques uns qui en méri-taient fort peu, comme étoient ceux que le malheur du tempsproduit, & que le tumulte de la Guerre entraîne ordinairementaprès foi, que ces sortes de Privilèges étoient regardez dansle corps politique comme des enfans de tenebrcs, que la né-cessité , pour ainsi dire, arrache des mains du Prince, & quelorfqu’ils se prefentoicnt devant le Tribunal de la Justice pour i'edeffendre contre quelque atteinte qu’cn leur voulait donner,fous ombre ou d’ambiguité de leurs tenues, ou de quelques for-massiez obmifes ou même négligées ; la Justice qui n’avoit pointeu de part à leur .création, les regardait comme des choiesodieuses, & ne cherchoit qu’un preíexte pour les anéantir ;Qu’on pouvait même encore ajouter que de tels Privilèges nesubsistaient que pendant la tempère, & qu’aussi-tòt que le calmesuccédait à forage, à peine méritoient-ils l’attention des Juges;Mais qu’ii en étoit d’autrcs au contraire qui méritaient une ap-probation generale, & aufquels on ne pouvait refuser son estimesans injustice ; que tels étoient les Privilèges' qui ont pour principeou l’excellence des beaux Arts, ou la récompense des Servicesrendus à l’Etat, dans les temps difficiles de la Monarchie ; Quede quelque côté qu’on envisageât ces Privilèges, on les trou-vait toujours également favorables , que la Justice s’interessoità leur maintient, que la fin d’cn restraindre l’execution lorsqu’onles contestait elle se trouvait, pour ainsi dire, portée d’ínclina-tion à les entendre, fondé sur cette maxime de droit, favoresampliandi funt, que c’étoit de cette derniere espece qu’étoientles Privilèges des Suisses, & en effet que rien n’étoit plus glo-rieux ni plus digne de faveur que des Privilèges acquis au prixdu sang, des Privilèges qui étoient le sacrifice de toute une Na-tion, pour le soutien & la prospérité de la nôtre ; que la simplelecture des motifs des Lettres Patentes de Louis XI. inspiraitdes sentimens de faveur à cause de Louis XI. de l’Action &
LouisXIV.17. Aoujî1697 -
défenses qu’ils ont données à nos Terres, Pays, Seigneuries &Couronne, & s’étre mis en diverses fois en grosses Armées pournous venir aider & secourir au fait de nos Guerres, allencontrede nos Ennemis, à quoi ils se sont grandement employés pourle bien de nous & de chose publique de notre Royaume ; Queces motifs subsistaient encore aujourd’huy j fous le même ébat,que jamais il n’y avait eu plus de Suisses dans nos Armées, qu’ils»’y avaient jamais été plus nécessaires, qu’ils avaient encor®
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