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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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Recher-ches de laFrancejiv.z. c. 15.Lìb.biftor.

franc- c. 14.

PsiU. 48 .

"44 Trdìté de ld Noblesse ,

Etienne Pasquier, après les anciens Auteurs , raporte la première Tourte de fiefs {aux François, Bourguignons, Sc peuples de la Germanie ; parce qu’ils avoient en-tr’eux des Patrons & des Gliens, que Guillaume Budée apelle Vasselages.

Aimonius Monachus parle d’Aurélian, ( dont l’ancienne Maison des Vicomtesde Melun en Gastinois se fait descendre ; ) à qui le Roi Clovis donna le Château &la Domaine de Melun, en récompense de ce qu’il avoir négocié son mariage avecClotilde fille du Roi de Bourgogne ; & il sait mention d'un passage qui prouve queles fiefs sont plus anciens en France qu’en Italie. En voici les termes ; ZJnde Clo-doveus ckm Regnum suum usque ad Ligerim & Dordonam fiuvios amplìajfet, Aïe*lodunum cajìrum eidem Axreliano cum totius Ducat u regionis, jure benejicii concef-Jìt. Par le droit de bénéfice , Pasquier entend la-foi & nommage : mais Monsieurle Févre de Chantereau en son Traité des fiefs, expliquant ce passage, dit que cedroit n’étoit qu’un. office qui attribuoit seulement l’administration de la Police &de la Justice , & non la jouissance & la propriété de la chose , qui demeurait auRoi & à sa Couronne. Ainsi , selon cet Auteur , le Bénéfice & le fief ne soncpas une même chose ; Le Bénéfice ayant été institué , dit-il, pour faire subsisterles gens de guerre, à la charge de le tenir seulement pendant qu’ils servoient.

Charles Loiseau dans son Traité des Seigneuries , est encore de ce sentiment»que la jouissance entière du revenu, ou la propriété de la chose, demeuroit attachéeà la: Couronne ; le Roi étant seul Seigneur des personnes & des biens enfermés dansl’étendue de fa Souveraineté.

Enfin le mot d e feudum ou de fief, n’a point été en évidence que depuis que les.plus puissans de ce Royaume eurent la faculté de s'acquerh des hommes, en leurdonnant en fief certaine portion de leur héritage.

Aussi nos Roisau dire de Pasquier, ne voulant pas épuiser le fond de leurs Fi-nances , par les libéralités qu’ils faisaient, voulurent récompenser les plus braves deleurs sujets , fins bourse délier, par des terres & possessions qu’ils leur donnaient àvie, avec charge expresse de porter les armes pour eux » tant & si longuement que.,ceux de leur famille en seraient détenteurs.

Quoique ces Bénéfices fussent au commencement distribués aux gens destinés à laguerre, il ne leur était pas néanmoins défendu d J avoir des terres en aleu , qu tétaient des biens tenus en propriété , & qu’on transférois en mourant à ses héritiers.

Ces Bénéfices devinrent perpétuels vers le déclin de la lignée de Gharlemagne ,& au commencement de celle de Hugues Capet. Alors les Seigneurs qui tenaientles grands Bénéfices des Rois, commencèrent à ks démembrer, pour en donnerquelque partie à d’autres personnes dont ils espéraient un service particulier. Onnomma ceux-ci Arriére-vassaux pour les distinguer de ceux dont les fiefs relevoient-direéiement & fans moyen du Souverain. Les uns & les autres ont pris leurs nomsdes principaux fiefs , dont ils fe virent propriétaires. Fòcav.erxnt nomina sua m.terris fuis.

Nos Rois ont eu trois sortes de Vassaux ou de Sujets. Les premiers étaient les.Ducs & les Comtes, comme Bourgogne , Aquitaine, Champagne , & Flandres ;Les Vicomtes, comme Narbonne, Châteaudun, Limoges; & les hauts Barons,comme Bourbon, Coucy , & Beaujeu, qui fe prenaient pro viro summo , vel.majori Domino. Chacun d’eux devint Chef de fa Province,. s’attribuant quelques,droits de Souveraineté , à sçavoir l’administration de la Justice, l’autorité de lever.;des gens de guerre & de l’argent, avec le titre de par U grâce de Dieu , commeles Comtes de Meulan & les Vicomtes de Narbonne ; & de faire battre monnaie &■tournois à leur coin & à leurs armes, comme les Comtes de la Marche , de Péri-g°rd j de Bretagne, cfAnjou, du Maine, de Vendôme, de. Nevers; Les Vt-*-