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Traité de U "Noblesse; ^
CHAPITRE XXL 1
De t Anobli : Dei Anoblissement par Lettres : Du tems , çj- de la manièrequ’ils ont commencé i & de leurs différences .
C Eux qui louent la Noblesse, disent qu’il y a plus d’honneur à l’acquerir parfa vertu , qu’à la tirer de ses Prédécesseurs ; & que celui qui descend d’uneRace noble, ne mérite pas plus ce titre, que celui qui est de soi-même Noble,s’il n’est plus vertueux. Ils ajoutent que la Noblesse étant la récompense de lavertu , qui en est la racine & le principe , celui qui commet des actions basses ouvicieuses, doit être privé de cette illustre qualité : & que celui qui se sait distin-guer des autres par un mérite extraordinaire, doit être jugé digne de recevoir lecaractère de la Noblesse.
Si celle qui s'acquiert par Lettres, est moins estimée , parre qu'elle suposc uneroture précédente , néanmoins elle est glorieuse, puis qu’elle rend témoignaged’une excellence particulière ; & qu’il est plus louable de commencer à donner del’éclat & du lustre à ses descendans, que de les obscurcir en dégénérant de leur ver-tu. C’est un foible avantage , que de participer seulement à la gloire de nos de-vanciers : & ce qu'ils ont fait, ne doit point être compté pour notre bien, selonla pensée d’Ovide.
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La Noblesse par Lettres , que Laide apelle commençante ] tire son origine de lagrâce spéciale du Roi, lors qu’il veut pour certaines considérations, qu’un Rotu-rier soit censé & réputé Noble , pour jouir de semblables privilèges, droits & pré-éminences que les Nobles de Race. D’où vient que Tiraqueau voulant définir laNoblesse, dit que c’est une dignité qui s’acquiert par le bénéfice du Prince , oupar le moyen de la loi, en élevant légitimement un Roturier au rang des Nobles.Andr. Ti- JVobilitas ejì dignitas benefcio Principis , Jive legis , plebeium légitimé erigens. Parraquel. de cette grâce , les honnêtes gens sont distingués a’avec le peuple , comme dit Barto-n°' ' âc pour la rendre mémorable , on leur expédie des Lettres scellées du grand
'' Sceau de cire verte, que l’on fait vérifier aux Jurisdictions où elles sont adressées.L’on compte d’ordinaire en France, sept sortes d’Anoblissemens. Le plus an-cien est la Noblesse Féodale affectée à certaines personnes, à la charge de servir lesRois dans leurs Armées , pour la défense de leurs Etats.
La seconde est la Noblesse de Chevalerie, qui anoblit par l’accollade, sans autrecérémonie , lors qu’on est prêt de donner bataille ; ou en quelqu’autre occasion,& manière qu’il plaît au Souverain ; ou en vertu d’un Ordre militaire fondé enStatuts.
La troisième est de privilège ou de Mairie, quand les Rois récompensent la ver-tu de ceux qui gouvernent les Villes & Communautés, & qui ea ont été de géné-reux défenseurs.
La quatrième est l'Avouée, qui prend son origine, par Bâtardise, de l’ancienneNoblesse , en reconnoissance des services de leurs pères naturels.
La cinquième est cesse qui procède de la Charge de Sécretaire du Roi, qui eftconsidérée comme faisant souche dès fa création.
La sixième est l’Accidentelle, qui provient des Charges 8e emplois. Celle-ciest externe , accessoire 8c indirecte » 8c peut être apessée Graduelle ; parce qu’elfe