Kj v - Traité de Id Noblesse t
- i ■■
C H A P I T R* E X XI?;
De la Noblesse far Chevalerie.
O tt apelle en France Chevalier , celui qui par les Latins est nommé Miles ,quasi mus ex mille eleElus c’cít l’expreffion d’Isidore. Eutropius parlantde Romulus dit, mille fugmtores elegit, quos à numéro Milites apellavit. Et Var-ron Livre 4. Milites , qu'od trium millium primo legio fichât , ac finguhe tribus.
Mais il faut considérer que Miles ne se prend pas seulement pour un Chevalierqui a ce rang de Noblelîe , & que les Souverains ont bien voulu prendre aussi ce ti-tre , & s’associer pour compagnons leurs inférieurs, même leurs propres Sujets»C’est la remarque de Tiraqueau : Imperat or es (fr Reges non dedignantur Militum no-men (fr titulum Jìbi ajfumere , cum cateros Milites Commilitones apellant.
Dans les convocations qui se font faites anciennement des Nobles du Royaume ll’homme de Cheval ou Chevalier , étoit apellé Miles, à la différence de celui quicombattent à pied , lequel n’avoit le titre de Miles, que lors qu'il combattoit àCheval , avec l’agrément du Prince. Ainsi par ce mot de Miles » on pourroit in-sensiblement confondre les véritables Chevaliers avec ceux qu’on apelle communé-ment Cavaliers, qui n’ont pas l’honneur de la Chevalerie ; parce que Militiœ cin -gulo non sunt decorati. La différence ne s’en peut faire que par la qualité des fiefs ,ou par la conditions des personnes ; car l’antiquité ne nous fournit point d’autrí:terme que celui de Miles.
Les Chevaliers se faifoicnt avant quelque irruption , par les éperons dorés, 1 scoutelas , & l'embraífement, en les frapant doucement fur l’épaule gauche.
Ï?L cep.íu Grégoire de Tours raporte que nos Rois de la première lignée, créoient des Che-valiers de l’accolade , leur donnant le baudrier ou la ceinture dorée , les baisant àla joue gauche , & proférant ces paroles : A l’honneur du Père , (fr du Fils, (fr duSaint-Esprit, je vous fais Chevalier.
Voyons maintenant si la Chevalerie anoblit. Quelques-uns disent que c’eíf pro-céder contre Tordre des choses, d’être anobli par Chevalerie , fans avoir pris desLettres d’Ecuyer, parce que le rang des Ecuyers esi le premier degré de la Noblesse.Mais fans m’arrêter à leurs raisons, & au défaut de disposition requise qu’ils allè-guent ; je tiens pour constant, que ceux à qui les Rois confèrent la Chevalerie ,font anoblis, & que cette grâce les élève même au-dessus de la simple Noblesse ;d’où vient que la Chevalerie est comparée au Patriciat des Romains, qui omnemma-talium maculam eluebat. Aussi le terme de Ailles est maintenant reçu dans tous lespays, pour signifier un Noble ; & de rujìico facere Mìlitem, étoit T ancien ano-blissement.
*" Hostiensis & Joannes Andréas, in caput de libertinìs, uterque in verbo MilitU
Andréas c ^ ertca ^ > disent qu eMilitia nobilìtat, ut quifquis est Miles, continuo fit Nobilis. CeTiraqnel.de st 11 * kst confirmé par Tiraqueau : Illud autem non prœtermittendum , eos quos noftretNobilit.c.S. Erancorum linguâ, Chevaliers, apellamus, quamprimum eam dìgnitatem ajsecutisunt,juan. 13. fieri Nobites , etfi antea non fuissent.
Andréas C’est encore Popinion d'Alciat, & il raporte celle de Jean-Jacques Trivulce ,Aidants in qui dit que Miles origine ignobilis potefi provocare Nobilem in duellum ) parce quehb.de smgu- rout homme fait Chevalier , est mis au nombre des Nobles.
mine ^30* Foi seau est d’avis que quiconque est fait Chevalier par le Roi , est absolumentCharl. Lo> Noble avec toute sa postérité ; vû que la Chevalerie est un degré au dessus de laseau en foa simple Noblesse»