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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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y t Trdlté de ld Noblesse ,

Mr. Jlistel [c remarquerai a u sujet de cette question , des Lettres de Raimon Vicomte dë

en son hist. Turenne données à Mostavie l’an 1219. par lesquelles il reconnoît & atteste que& de^Ti/ ^oul de Leste & ses neveux sortis de son frère Aimar , font descendus d'unerenne. généreuse race, & qu’ils lui ont été fidèles : en conséquence dequoi , il les rend ca-pables & leurs successeurs du privilège & de l’honneur de Chevalerie, leur baillantla Noblesse, & les rendant exempts de toutes quêtes, tailles , & exactions. C’étoitdès-lors un titre de Noblesse conféré par Chevalerie , & une preuve que les Vicom-tes de Turenne avoient dans leur terre des droits de Souveraineté , comme d'anoblir& faire battre monnoie.

Sous le régne de Philippes IV. dit le Bel, il se fit l’an 1298. un Acte scellé desSceaux de plusieurs personnes considérables, qui atteste que depuis très-long-temsTrésor des j[ avo ft; été observé en la Sénéchaussée de Carcassonne & en Provence , que les Bour-Ite S ’ g e °i s recevoient la Chevalerie des Nobles & Barons, & des Archevêques & Evêques;uidiíiaûo- qu’ilspouvoient porter les marques de la Chevalerie , & s’éjouir des privilèges: Enues 1. fol. voici les propres termes. Cunïïis prœfentes litteras ìntuentìbus , nos fubfcripti quorum2.27. figilla sunt pendentìa facimus notorium (fr manifejlum , quod ufus (fr confitetudofuit (fr fuerunt longifftmis temporibus obfervati, (fr tanto tempore quod ìn contrariummemorianon exiflit, in Senefcallia Carcaffonenfi, (fr in Provincia , quod Burgenfes con -fueverunt k Nobilibus (fr Baronibus , (fr etiam ab ^irchiepifcopis (fr Epifcopis , f nePrincipis autoritate (fr licentiâ impune cìngulum Adilitare ajsumere, & signa Militaridhabere , & port are , (fr gaudere (fr privilégia Aíilitari anno 1298. & ce privilègerenfermoit l’anoblissement.

Au raport de Baudier en son Histoire des Turcs, un Boucher fut anobli , étantfait Chevalier parle Grand Maître de l'Ordre de Saint Jean de J érusalem , pouravoir prêté un secours de vivres à la Religion durant le Siège de Rhodes.

Simon de Fierlandes, Conseiller au Conseil suprême des Païs-bas & de Bourgo-gne , obtint des Lettres de Chevalerie de Philippes IV. Roi d'Espagne, le iq.No-jvembre i66q.

Ainsi Jean Pape, Avocat Fiscal au Conseil de Brabant , fut sait Chevalier parLettres & Codicile du Roi Catholique l’an & reçut pour Armes un écu degueules au sautoir engraissé d’or.

Cela justifie que cette maniéré d’anoblir qui étoit tant en usage dans les siéclespassés, n’est pas abolie, comme plusieurs se persuadent, puisque même il se trouve desLettres pour des Bretons fous le régne de Louis XIII. que Monsieur Justel Sécré-tai re d u Roi fit expédier.

Cependant, comme il y a des anoblissemens tacites renfermés dans la Chevale-rie , il y a aussi des anoblissemens qui se confèrent & s’expriment avec la Cheva-lerie. Les Registres de la Chambre des Comptes nous en fournissent plusieursccmfotus exemples ; maisj’en raporterai seulement deux : Le premier, de Gaultier de Monti-pogina 180. gnac anobli & sait Chevalier , par Lettres du Roi Philippes le Bel, données à Vin-cómmuni- cennes au mois de Juin 1302. Voici la substance des propres termes de la Charte.d’ l fAéro^u^ r ^ ra ^ ter(iS dlíontigniaco nobilitatus (fr miles faclus, per literas Régis datas Vteenisval menfe Junio anni gratiœ 1302.

L’autre exemple est d’un Poitevin que le Roi Philippes le Long anoblit par Let-tres données à Paris le 18. Mai 13 ty. lui faisant conférer la Chevalerie par JeanJ’Archevêque Sire de Montfort ( de la Maison de Partenay. ) En voici les termes :Quod poflquam k prœdiElo Joanne Arcbiepifcopo fucrit fa fias miles , ipfe pro milite (fr jnobili cum sua pofieritate perpetuo (fr Jine contrâdjïlione qaalibet habeatur.

C’est donc une maxime certaine, qu’un homme recommandable pour fa vertu ,peut être anobli par la Chevalerie ; parce que la Noblesse est premièrement dans les

inten-