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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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tomme étoit Charles V. Sc ses successeurs Rois d’Espagne > Su. droit desquels estmaintenant la Couronne de France depuis la Conquête.

CHAPITRE XXX.

Des Pairs ; & fi la Pairie efi un droit réel ou personnel

I L y a en France deux sortes de dignités. Les unes font personnelles, comme leáOffices de la Couronne , & autres inférieures, dont il n’est pas question de par-ler ici. Les autres font réelles, comme les Pairies qui font attachées aux Terres,

Sc qui font le sujet de ce Chapitre.

Le tems de l’institution des Pairs est fort incertain , & jusques ici tous les Histo-riens se sont contrariés. Les uns la raportent à Charlcmagne , avant qu’il allât enEspagne. Gaguin est de cette opinion : Duodecim jclegit quos fiecum in militia pro- iìb. 4. c.ducere , eos Pares appellavit. Jean du Tillet en ses Chroniques le'dit aussi ; mais Cforoctf,il avoue qu’il peut y avoir de la contradiction , parce que les fiefs n’étoient pas en-core héréditaires. Théodore Hoëpingue allègue que cette origine s’attribue diver-sement , tantôt à Charlcmagne , tantôt à Pépin , &• tantôt à Hugues Capet. LePrésident de Tou ne résout point si c’est sous la seconde ou troisième Race ; maisil s’arrête seulement au nombre des douze Pairs.

II n’y en avoit anciennement que douze ; six Ecclésiastiques qui précédoient $î’Eglise , Sc six Laïcs qui a voient la préséance au Parlement. Les Clercs font,

Reims , Laon , Langres , Duchés ; Beauvais, Noyon Sc Châlons, Comtés. Lessix Laïcs font, Bourgogne, Normandie , Aquitaine , Duchés ; Flandres , Cham-pagne , & Toulouse , Comtés. Voici comme ils font rangés dans les Registres dela Chambre des Comptes en un titre de l’an 1315. en ces anciens vers :

.Bclvacenfis , Novìomenfis , Catalaunenfis, funt Çomitatus tRemis , Laudanum , Lingonis atque Duces.

Flandria , Tholofana , Compania Junt Comitatus :

Efi Dux Normannus Burgundia -, fie slquitanus.

Celui de Bourgogne est dit prìmus Par , gr Par'mm Francia Decanus. Le Con-•cile de Baie décida l’an 143 x. qu’il précéderoit les Electeurs de l'Empire qui n’ontque des Offices ; parce que le Duché de Bourgogne a été Royaume : Et quod Re-gnum revertitur facile ad fuam primariam naturam. ( II fut éteint après la mortdu père de la Reine Clotilde. ) Et quia E le clore s Sacri Imper iihabent nomen Ojfi-cii, Dux autem Burgundia nomen dignitatis. Ainsi aux Etats de Tours , les Dé-putés de Bourgogne eurent le premier rang devant ceux des autres Provinces duRoyaume.

La raison que l'on donne encore , pour persuader que le Duc de ^ourgogne estle Doyen des Pairs de France , se tire de ce qu’Othon premier Duc étoit frère de•Hugues Capet, & qu’ainsi O thon méritoit la primauté.

Le Comte de Flandres a prétendu la préséance sur le Comte de Champagne , quidisoit avoir un nombre plus considérable de grands Vassaux que lui : Le PrésidentChassanée en parle de la forte ^ Cornes Flandria pracedere debet altos Comités, fialtemin Francia , cum fit prìmus Par ex Comitibus ; licet Comitatus Campania , nonfiolum habeat decem Barones vasallos fiub fie , verum ultra decem Comités feudatorios& feoda ab eo tenentes. Aussi Flandres est nommé le premier des Comtes t ScChampagne avant Toulouse ; comme Beauvais avant Noyon , Sc Noyon avantChàlons. Cela fe voit dans les Registres de la Chambre des Comptes.

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