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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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tléí 'TrMe de Ict Noblesse ,

CHAPITRE XXXVIII;

Si les Bâtards des Gentilshommes, légitimés par le Roi, & avoués par leurs parens na-turels 3 font Nobles , ç-r s’ils peuvent porter le nom & les Armes de leur père .

Î L y a trois fortes d’Enfans. Les uns ont cette qualité par la nature , & suivant'les Loix; les autres font apellés feulement Naturels, Sc les derniers font établis parla Loi. Les premiers viennent d’un légitime mariage ; les seconds font des larcinsd’amour , selon Sénéque , Furtivum gênas , Sc naissent d’une conjonction illiciteles derniers font ceux que l’on adopte.

T out le monde fçait que les Bâtards, quoique légitimés, n’ont point de Race ;qu’ils ne succèdent point aux biens, Sc que leur condition dépend tant de légitima-tion du Prince, que de l’aveu de leurs parens naturels.

D eut. cli. Personne n’ignore que les Mamzers qui étoient les Bâtards d’entre les Hébreux ».rz. étoient exclus des Sacrifices, & de l'entrée du Temple : & qu’ils en étoient mêmeinterdits chez les Grecs , comme a remarqué Démosthéne contre Aristocrate ; ScPlutarque en la Vie de Thémistocle.

Leur naissance a été aussi méprisée par les Aílemans > les Danois, les Polonois &autres peuples.

Néanmoins il y a des raisons & des exemples qui favorisent les Bâtards. Si Mel-chisédech nommé fans père , parce que comme dit Suidas, le sien étoit incertain ,a été Roi de paix & Sacrificateur ; que ne peut-on point dire à P avantage de ceuxqui ont leur pére certain , par l’àvc-u qifil cn fait ì

Sans raporter d’autrcs exemples, il semble, que puisque la nature a autant contri-bué à la génération des Bâtards, que des légitimes , & que Dieu leur a égalementdéparti son fousie divin, en, formant leur ame , il étoit raisonnable de les tenir aumême rang.

In L. cum Cependant Balde résout que les Bâtards ne peuvent avoir de Charges, ni porterlégitimé de le nom & les armes de leurs pères ; parce que par la disposition du Droit Civil , lestatu bomi- fils naturel sorti d’un pére Noble, n’est pas censé de la maison & de la famille dupere , ec qu û n en retiens pas la Nobleue m les privilèges, encore qu'il fou legiti-mé par le Prince. La Coutume' générale veut néanmoins qu’ils retiennent la No-blesse de leurs pères, leur nom Sc leurs armes, avec quelque difl'érence ; qu’ils necontribuent point aux subsides, vivant noblement ; & qu’ils jouissent de toutes lesprérogatives des Nobles, comme s'ils étoient légitimes, sinon qu’ils ne.succèdentìn tra&. de point. Et Baflardi Nobilittm , dit Tiraqueau , Nobiles reputentnr , .fintque immu-Eobít. -fies a fubfìdiis popularibus ; ut in ttniverfum potiantirr privilegiis nobilium, preterquama S ’ non frccedunt. Cette opinion qui est la plus reçue , est suivie de Guy Pape :58c * ' ^ Papon en son Recueil des Arrêts ; Sc de Boyer en fes Décisions du Parlement

Tom.z.tit. de Bordeaux. A quoi est conforme l’Arrêt de la Cour des Aides de Paris, dudes légiti- moisde Juin 1597. qui attribue aux Bâtards les prérogatives des Nobles, & l’exemp-mations fion des tailles.

On a aussi toujours eu de la considération-pour les Bâtards avoués -des Nobles Sc' anciennes Maisons, Sc légitimés par Lettres du Prince. Et les services de ces gran-des Races, n’ont pas été feulement considérés en leur postérité légitime ; mais leursenfans illégitimes ont encore participéà la gloire de ces Héros.

C’est pour cette raison que nos premiers Rois ont déclaré Nobles les Bâtards desanciens Gentilshommes, qui étoient légitimés , reconnus Sc avoués ; ordonnant‘qu’ils jouiroient de la dignité de leur Noblesse , Sc des exemptions Sc privilèges des >