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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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de ses dijfmntes ejpeccs. 139

|e remarque sur ce iiijet, que les Auteurs qui ont traité des Patrices d'Allema-gne j disent que la pìûpart des Communautés qui font dans les limites de l’Empire,font gouvernées par certaines familles qui usent de toutes les marques extérieures deNoblesse , qui n’est pourtant reconnue que dans leurs Villes ; nul n’étant reçu dansles Chapitres des Nobles : Ce qui fait qu’en Allemagne, il y a comme deux sortesde Noblesse. Et il semble , ajoûtent-ils, que la plupart de ces familles, ne tenantpoint leur commencement du Prince , & ne portant point les, armes, ils fe fontcontentés de l’état de Bourgeoisie, & des charges de leur Communauté, en vivantnoblement.

CHAPITRE X L.

De la Noblesse des femmes libres de Champagne.

C ’E s t une maxime générale que la femme tire toute fa splendeur de I’homme :

que le mari communique, toute fa dignité & toute fa Noblesse à son épouse ; &qu’au contraire, la femme Noble mariée à un non-Noble perd la beauté & le prixde son origine.

L’antiquité nous fournit pourtant des exemples fameux qui font opofés à cetteopinion. L’on remarque dans Hérodote que les peuples de Lycie qui tiroient leurorigine de Crète , & de Carie , n’en avoient point d’autres que du côté de leursmères & de leurs ayeules. Si une femme franche époufoit un Serf, leurs enfansétoient affranchis Lycii autem k Creta ab initia originem traxernnt , (fie. Legibus Herodot.utuntur partim Cretenfium, partim Carum. Ouanquam hoc unum , prater cateroshomines, pro lege habent peculiare, quod a matribus nomina f bi indunt, Et fi qui s °b-^ lt p ar ‘ um ‘vium percontetur, quifiiam fit , qukve familia ortus , k matribus aviifqueprotinus ge- tauren-

nus fuum repetet. Adde quodfi qua ingenua fiervo mpfierit , liberi qui ex his fufcipiun- tii ValU m-tur y ingenui exìflimabuntur. terpr.

Surquoi Laurent Valle dit en fa glose,que les enfans de ces peuples, s’impofentles noms de leurs mères, & non de leurs pères. En voici les termes : Sed hune mo-rem peculiarem habent , (fi cum aliis nullis convenientcm vel communem , quod fe denominibus matrum apellcnt, non patrum. Adeo ut fi quis vicinum fuum roget quis fit,recenfeat fe ipfum , genus fuum vel gentem fuam k matre, matrifque sua maires enu-meret.

Denis d’Halicarnasse parlant de Virginie, dont Appius Claudius étoit passionné- Dionys. Ha.ment amoureux, raporte auífi , que les enfans suivent la condition de la mère : fi lica s- aní ‘-elle est libre, ils le font de même ; si elle est esclave, ils font dans la servitude. Si < ^ i ’ tat s mmatres libéra fint , eos liberos esse vult; fi fer va - fervos. lib^^'p.™

Cette Coutume étoit aussi observée par les Xainthiens, selon Plutarque,& par 7II .les Locres, selon Polybe ; Nobilitas ex mulieribus erat , non ex viris. Rebellius T i utarc p )!íSPlautus , selon Tacite , tiroir fa Noblesse des suies par fa mère : Cui nobilitasper ma- m,, de da-trem ex Julia familia ; Lucius O t hon père de l’Empereur Othon , ne fe prévaloir ns muiieri-que de cette Noblesse , si l’on en croît Suétone : Lucius Otho materna genere pra- L" C!t p. 6.clarus : Et Eutrope dit du même Othon, mater no genere nobilior qukm paterno. Polyb 1 . 12.

Et comme par le Droit Civil, la liberté de la mère fe communiquoit à fes en-

Corntl. Ta-cit. t. i.An-

fans, & les droit de l’efclavage ; de même par le droit de nature , selon Cicéron , nal.celui qui est sorti d’une Déesse est nécessairement Dieu. Oui k Dea matre natus Eutropiutefi , Deus fit necejfe efl. /- 7 • degef-

Monstrelet parlant de la Noblesse du côté des femmes, a suivi cette pensée en cestermes : Sur l’annee 14051. Jean de Montagu ayant manié les finances fut décapité, ll de naiura.

S ij ucornm.