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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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Traité de la Noblesse ,

ieur enMédecinec n l’Uni-verílté d uPonta-mouson.

Ant. Hal-Iey Profes-seur Royalen élo-quence enl'Universi-téde Caën.

Cor unum , cor virginei penetrale- decorisSanchus, ilUfitm efi , Cr ovanti ex igné triumphat.

Mr. Malherbe la compare à Hercule, tant pour ses exploits militaires, que potlÉson genre de mort.

L’Ennemi tons droits violant ,

Belle Amazone , en vous brûlant,

Témoigna son ame perfide :

Mais le defiin n eût point de tort ;

Celle qui vécut comme A Ici de,

Devoit mourir comme il efi mort.

Mr. de Mézeray Historiographe de France, dit en la vie du Roi Charles VII.'qu’il anoblit la Pucelle Jeanne Dare , son père & ses trois frères, & tous leurs des-cendans, même par filles ; qu’il changea le nom de leur Race qui étoit Dare en ce-lui du Lis ; & qu’on raporte que son cœur se trouva tout entier parmi les cendres,& qu’on vit une Colombe blanche s’envoler du milieu des fiâmes, pour marque dcson innocence & de fa pureté.

C’est ainsi que prit fin cette Héroïne, que les Historiens de France ont comparéeà Débora , à Judith & à Abigaïl, & autres femmes sortes. Mathieu dit fur lesDécisions de Guy Pape, Quest. 84. qu’elle prit les armes par inspiration divine , &Lìb 10 z fiu’elle rétablit le Royaume de France dans son lustre. Le Président Chassanée ditpa.txatal. qu’elle releva le courage des François qui sembloient abbatus, & qu’elle rétablit leurgtor.mundì. gloire Lc leur liberté.

Le Cardinal Baronius dans le soplément de ses Annales, raporte qu’elle finit fa.vie avec un courage plus que mâle , Pan 1450. ou 14^ t.

Compend. Gaguin Ministre Général des Mathurins, lui donne un grand éloge , décrivantdc Francor. fa mort en peu des paroles : Obiit Puclla Dominicœ pietatis anno 14; r. menficgeftis. hb. Maio.

10.

Erab!. &devises hé-roïques.

Cap, 2.4.

De l’Etatdes affairesde France,l.i.pag. 69.

Paradin Doyen de Beaujeu , représentant l’enseigne de la Pucelle d’Orleans, quicontenoit PEpée accompagnée d’une Couronne & de deux Fleurs-de-lis, dit que c’estun perpétuel monument du secours qu’elle aporta à la' France par inspiration divine.Confilio firmata Dei, &c. Elle étoit, ajoûte-t-il, aufii chaste en son corps, qu’in-n ocente du crime de sorcellerie que les Anglois lui imposèrent, qui à tort la firentbrûler toute vive dans Rouen.

Le crime qu’on lui imputoit à P Inquisition , malgré fa piété exemplaire , étoitd’avoir porté P habit d’homme , & d’avoir quitté celui qui apartenoit à son sexe,ayant ainsi contrevenu au decret du Deutéronome : A Ton induetur mulier vefie virili,nec vir utetur vefie fœmineà : abominabilis enim apuâ Deum qui sacit hœc. Les autrescrimes qu’ils lui imposoient, étoient l’hérésie, & une feinte virginité.

Du Fíaillan écrit que cette Pucelle s’apelloit Jeanne , qu’elle étoit née à VaucoU-leur en Lorraine , fille d’un Laboureur , nourrie à la Campagne avec les brebis &les moutons, qu’elle avoir vingt-deux ans quand elle fut menée au Roi ; que luiayant dit qu’elle venoit vers lui inspirée de Dieu, avec promesse qu’elle chaíseroitles Anglois de la France, il lui donna une Armée, avec laquelle elle secourut Orléans,qui étoit réduit à l’extrémité par un Siège de sept mois : fi bien qu’elle contraignitles Ennemis de le lever. Le miracle de cette fille, soit que ce fût, dit-il, un mi-racle composé & aposté, ou véritable , éleva les cœurs du Roi, des Seigneurs & dupeuple, &'c. Cette invention de Religion feinte & simulée , ajoûte-t-il, profita tantà ce Royaume , qu’elle releva les courages perdus & abbatus de désespoir. Enfin