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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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Lz6 Traits de U Noblesse „

Les Soldats Romains ne mouraient point par autre fuplice , que celui de l’épée ;fi ce n’étoit qu’ils fussent perduellionis reifeu hojles Reipublica jadtcati : Car en cecas on les saiíbit mourir à coups de bâton , de baguette , ou de verges. Ce quis’étendoit mcme à tous les autres coupables de semblable crime. Audi Suétone. /'«Nerone , écrit que l’Lmpereur Néron ayant été condamné par lc Sénat à un pareilfuplice , l’aprehension qu’il en eut, le fit résoudre à se couper la gorge.

En France on observe ordinairement que Nobiles non suspendant ur , sc d décapi-tant ur , (juod poena suspensionis ft ignominiosor : ce n’est pas néanmoins un Titrevéritable de Noblesse , d’avoir la tête coupée ; parce que souvent plusieurs non-Nobles'font punis de la forte : mais aussi la punition par un autre fuplice , ne faitpas perdre la Noblesse à une famille. II y en a un exemple fameux en la personnecl’Enguerrand de Marigny Comte de Longueville , qui finit malheureusement savie par le fuplice des non-Nobles ; mais fa mémoire fut purgée.

On demande II la femme Noble qui a épousé un homme non-Noble , ou unefemme non-Noble qui a épousé un homme Noble, & qui a forfait, encourt un su-plice Noble ou roturier ? Et l’on répond que l’une a la qualité de Noblesse par lanature , & l’autre par accident ; & que la Noblesse selon Balde , n’est pas entière-ment éteinte en celle qui a épousé un non-Noble , de sorte que l’on doit considérerla nature & l’origine , dont les privilèges étoient seulement suspendus au regard desadroits Royaux : Et pour la qualité accidentelle , il n’y a pas de difficulté qu’ellene doive subsister en la femme qui a été anoblie paf son mari , per L. tutelas in ra-.-liane fui js. de capit. diminut. Car mttlicres Nobilitatis stnt capaces ut mares.

CHAPITRE L X X X I I I.

Des Dignités fe'edales & politiques.

:£p>!2. c. z.

P.cce uns:tte Dominassuper i are-dì.otims-a m ioPiincípem.

L. i.Keg.

Q Uoique les Titres d’honneur soient en grand nombre , néanmoins on peutdue qu’il n’y en a que de deux sortes. Les uns font personnels, commeles Ordres de Chevalerie, les Charges de la Couronne , & les Offices. Les autrespassent a la postérité, comme la Noblesse & les Dignités affectées aux terres.

L’auguste titre de Roi est au-dessus de tous les Titres. On lui obéit, ditsaint Pierre , quasi pracellenti : & parce que c’est F Oint du Seigneur , comme ilest écrit au i. Livre des Rois. Son nom vient de régir ou gouverner , Dominusrégit me.

Entre les Royaumes, les uns ne relèvent que de Dieu seul, comme celui deFrance : d’autres relèvent de l’Empire , comme Bohême ; & de l’Eglise, com-me Sicile.

L’Empereur Otton III. érigea le Duché de Pologne en Royaume l’an 1001.L’Empereur Henri IV. fit le même de la Bohême l’an io8f>. Le Royaume deBourgogne a duré jusqu’en 809. Charles Duc & Comte des deux Bourgognes,prétendit le relever , fans y pouvoir réussir.

La qualité de Roi est plus ancienne que celle d’Empereur. Les Romains furentgouvernés par des Rois avant la création des Consuls , des Dictateurs, & des Em-pereurs. Les Rois d’Israè'l, succédèrent aux Juges, qui étoit le premier gouver-nement institué par Moyse.

Les Empereurs dont le nom vient de commander aux Armées, ont commencéaux Césars par adoption. Ils ont été depus élus par les Gendarmes, par les Villes,& par tout un pays, qui semettoit sous leur obéissance. Ils ont été successifs, &enfin électifs.

Le titre