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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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Traite de la Noblcjìe ,

C H A P I R T E L X X X V I I.

Des Titres & qualités des gens de Lettres.

L 'Homme de Lettres s’intitule Maître.

Le titre de Maître s'apliquoit anciennement aux seuls gradués ; & c’est parusurpation que les non-gradués se l’attribuent. Car les Procureurs ausst-bien queles Avocats, tant en Cour Laïc qu’en Cour Ecclésiastique , dévoient prendre leursdegrés, au moins de Maître aux Arts, pour s’attribuer la qualité de Maîtres.

Le Docteur en Théologie se d i foi t Maître en divinité; & tout Docteur en cetteFaculté, étok dit notre Maître par excellence.

Les Apoticaircs prenoient leurs degrés, de même que les Médecins, &; quelquesChirurgiens de longue Robe ; & ils étoient Maîtres aux Arts : mais les gens de Let-tres se qualifioient Maîtres à parje ante ; les gens de métier, k parte post , mettant lemot de Maître après leur nom , & le référant au titre de leur profession.

• Le titre de Messire étoit inférieur à celui de Maître au-regard des Ecclésiastiques.Car on apelloit un Curé non-gradué, Messire Jean , Messire Martin : & si un Curévouloir s’acquerir le titre de Maître , il falloir qu’il piît ses dégrés en l’une des cinqFacultés.

Mais insensiblement le titre de Messire s’est rendu plus illustre , depuis que lesRois ont quitté celui de Monseigneur ou de Monsieur., pour retenir absolumentcelui de Sire : celui de Messire en étant le diminutif, comme qui voudroit dire mi-. Sire , ou dcmi-Sire.

Les Prélats &. les grands Magistrats qui font tous gradués, en quittant le titre deMaître, ont pris celui de Messire : comme, ont fait les principaux Officiers de finan-ce , en quittant la qualité de Sire qui leur étoit ordinaire.

Le titre de Maître s’apliquoit aussi aux grandes dignités du Royaume, & souventon y ajoûtoit le titre de Grand & de Souverain ; ainsi Pierre de Vi 11ers Seigneur deListe-Adam s’apelloit Souverain Maître d’Hôtel du Roi : le Comte de TancarvilleSouverain & Maître général Réformateur des eaux & forêts.

Les Présideras de la Chambre des Comptes, comme le Sire de Sully, & Louis deBeauvau , étoient apellés Souverains. Cette Charge étoit jointe à celle de grandBouteiller. Les autres Officiers des Comptes assistans du Président, sont apellésMaîtres, & autrefois Clercs. On disoit les Clercs du Trésor,&le Clerc du Grand-Maître'des Arbalétriers.

Le titre de Grand a été joint seul à plusieurs Charges, comme à celles de Cham-brier , de Chambellan , d’Aumônier , de Panetier , de Queux , d'Ecuyer, & deMaître de l'Artillerie.

CHAPITRE L X X X V I I I.

‘ Si l'on doit permettre aux Gentilshommes de trafiquer : Les diffèrent es op: r son s des Au-* • teurs , les divers usages reçus parmi les peuples, touchant cette que/lion.

L E trafic généralement parlant, suplée au défaut de la Nature , qui n’est pasabondante en tous lieux. Il est non-feulement- légitime , mais meme nécessai-re , & de tres-grande recommandation. La vie de l’homme est aussi un perpétuelcommerce ; & il y en a peu qui puissent se vanter, comme Scipion Emilien ce fa-meux destructeur de Carthage & de Numance, de n’avoir jamais .acheté ai venduaucune chose.