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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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A? de fes différentes espèces. 151

Pline veut que les Africains aient été les premiers inventeurs du commerce : 7.056.

Plutarque en ses Problèmes , en attribue à Janus la première invention , disant qu’ila été le premier qui a enseigné aux hommes les moyens de trafiquer par achat &

par vente.

La première forte de commerce se faifoit par la seule permutation. On remarque Arist. L r.dans la Genèse que Jacob donna cent Agneaux pour une portion du champ ou \\potu.tap. 6 .avoir placé ses Tentes, aux eníans de Hemor père de Sichem : Emitque partem agri ^

tn qua fixer at tabernacula. a fìhis Hemor pat ris Sichem centum agnis. r. 19. J

Phílostrate en la Préface de (es Héroïques, dit qu’on achetoit un bœuf avec dufroment ,§c un mouton avec du vin. Ainsi les peuples de Bisance saisoient leurcommerce par échange avec les Romains ; & Tacite de moribus Germanorum , dit

que permutatione merctum utuntur.

Par succession de tems, le commerce s’est fait entre toutes les Nations du mondepar échange , ou par argent.

On ne "met pas en doute fi l’on doit trafiquer de quelque maniéré que ce soit,pourremédier à son indigence ; mais fi les Gentilshommes fe peuvent mêler du négoce 3 . .parce qu’il semble être réservé au Tiers-Etat, qui se trouve chargé des impositionsordinaires.

La Noblesse est née entre les armes, elle s’augmente dans l’exercice de la guerre ;

& il semble que cette qualité ne peut se conserver en contractant avec des hommesmercenaires, qui patient leur vie dans l’inclination continuelle de s’enrichir.

Le Roi Prophète déteste le négoce : Quoniam non cognovt negotiationem, introibo Vfd, 7 r.m potentias Domìn't : Ezéchiel le blâme , tn multitudine negotiationis tua repleta funtinteriora tua iniquitate : Zacharie dit auilt, non erit mercator ultra in domo Domini Zach. c. 14.:exercituum > & Saint Chrysostome témoigne que le Marchand ne peut presque j a-mais plaire à Dieu, Lc qu’il doit être rejetté de l’Eglise : Homo mercator vix aut num- 2 r

quam potefl Deo placcre : Et ideo nullus Chriftianus debet ejfc mercator , aut fi voilier it ejieiebatejfe , projieiatur de Ecclejìa . tien tien u s

La raison est , que le mot de Marchand & d’imposteur passent pour une même ^ enumeschose dans l’Écriture-Sainte , selon la remarque de Bodin en fa République. Et c'està ce propos que Tiraqueau fondé fur la Loi Nobiliores Cod. de commerciis & merca *• f,

ioribus , dit qu’il est défendu aux Nobles d’exercer la marchandise, parce que la pro- 7 uip.fcfiion des Marchands leur permet de mentir, d’imposer à la vérité, de se parjurer, Ar.d. Tira-& de taire un gain blâmable : Nobtles prohtbcntur cxercere mercimonia, cura pajfim c - H-*mentiantur > pejerent , furentur , imponant. Et par la Loi Alilites Cod. locati , il n’ya rien de fi oposé que la Noblesse & , 1 a Marchandise : At Nobilitas eP mercatnra jïbiinvieem répugnant, & adverfant ur , ne c Jìmul compatiuntur. Les Gentilshommes j^ esne souhaitent que les richesses de la gloire : au contraire, les Marchands aspirent toû- chands foi-jours au profit, & emploient ordinairement toute sorte de'ruses pour parvenir à soient desleur dessein. vœux. à:

Laverne

Ce n’est pas fans raison que Diogénes Laërtius dans la vie d’Anacharsis Scythede Nation , dit que les Foires & les Marchés sont établis pour se tromper l’un i’au- ru se Sj etre , comme des lieux destinés pour donner les mains à l’avarice : Forum Eena—litiitm, ad fallendum invieem; atque ad dandas avaritia manue , locttm dxflina~tum esse.

Les Loix de Platon étoient bien équitables, de défendre expressément à celui quivend, de priser fa marchandise plus qu’êlle ne vaut, & d’employer aucun sermentpour la débiter : Elles ne vouloient pas non plus qu’il lui fût permis de vendre 3deux prix dissérens.

C’étoit autrefois un grand.crime parmi les Lacédémonièns, dé s’adonnersu sra*- v