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mn Ártìs'y sedhomìnum fient. L’on remarque ausîl dans la Loi Nobiliores Cod. decommerciis & mercatoribas , que le Noble de race ne perd pas fa Noblesse par l’exer-cice du trafic : Nobiles ex genere non perdere Nobilitatem ob exercitiam mercatara.
C’est pourquoi, s’il y a eu des Nations qui aient eu le commerce en mépris 8c enaversion , il y en a eu d’autres qui l’ont considéré comme un moyen assuré pourconserver leur éclat & leur grandeur. Peut-on rien ajouter aux éloges que le Pro- jpyp c j,,phéte Isaïe donne à la ville de Tyr, lors qu’il dit qu’elle étoit non-feulement cou-ronnée ; mais que ses Marchands & Négocians étoient Princes, & ses Facteurs engrande réputation ? Qais cogitant hoc super Tjrum quondam coronatam > cujus nego-tiatores Principes, Injìitores ejas inelyti terra.
N’etoit-ce pas un grand avantage à ceux qui bâtissoient des Navires chez les Ro-mains , & qui faisoient un trafic notable durant six ans, pour remplir les magazinsde la ville de Rome, de devenir Citoyens, quoi qu’ils fussent Esclaves Latins ?
Si erant Latìnì servi, Cives Romani ejstciebantar , comme il se voit dans Uipian ; 8cdans Suétone en la vie de l’Empereur Claude , Si non minorem qaam decem.milliammodiorum navem fabricaverk , & Romam sex annis frumentum portaverit.
Comme le pays qui estime le plus l’agriculture , est toujours le plus riche ; ç’aété peut-être la raison pour laquelle les anciens Grecs se plaignoicnt que la leur avoitété laissée à leurs Ilotes ou Esclaves. Aussi l’on peut dire que le commerce se roi tinfiniment plus heureux & plus reccmmandable, si les Nobles des Royaumes & desRépubliques avoient correspondance ensemble pour le faire fleurir , 8c s’ils ne souf-sroient pas indifféremment toute forte de personnes inconnues, même des Etrangers,faire le plus grand trafic. Car souvent ils ne rétablissent dans des Etats, qu’afind’y faire voir une banqueroute proportionnée à la créance qu’ils y auront acquise.
Et ce qui est dune dangereuse conséquence, ces Etrangers remarquent auflì nosforces 8c nos foiblesses, nos Ports, nos rivages, nos forteresses & nos divisions.
C’est le reproche que Joseph fit à ses frères, qu’il considérait comme des Etrangers, Gcntf.c. 41 .qui fous prétexte d’acheter du blé étoient venus en Egypte pour reconnoître les lieux ^. 9 . & ir.íoibles ,8c qui manquoient de munirions : Explorât ores cflis , ut vident is infirmioraterra , venìflis , cjr immunisa terra hajas confìderare venistis.
Cicéron dit que le trafic de marchandise est sordide s’il est modique ; mais que Lib. i.des’il est grand , il est louable , parce qu’il aporte beaucoup de commodités : Aíerca- offieiis.tnra fi tennis efl ; fiordida putanda est : fi magna tfi copiosa , vidctar jure optimolaadari.
C’est fans doute ce qui a fait dire à Laide qûe la marchandise ne déroge point à la ;« rubr. deNobleílé , qu’elle est amie des peuples, & que le monde ne sçauroit subsister sans les cleriùs pt-Marchands : Aiercatara est arnicapopalis , quia mandas non potest fine Aíercatorìbas ttgfinis.yivere.
Si les Nobles trafiquoient, leurs richesses & leurs fortunes les rendraient plusmagnifiques que les Marchands ordinaires, dont la plupart n’ont ni honneur, nibiens assurés. Il ne mettraient pas les choses à un prix excessif ; au contraire , ilstraiteraient raisonnablement tout le monde , 8c avec un taux proportionné à la va-leur des choses.
Ce n’est pas une nouveauté qu’on ait vû des Gentilshommes trafiquer , car onremarque que Henri Roi de Castille , ayant fait une étroite alliance avec CharlesV.Roi de France, contre le Roi Pierre le Cruel, l’an t 372 . plusieurs Gentilhom-mes Bretons, apellés dans l’Histoire Cavaliers Mercadiers, passèrent en Espagne ,fous la conduite de Bertrand du Guesclin , Connétable de France.
Jacques Cœur , ce notable Marchand de Bourges, Baron de Saint Fargeau , 8cChangeur du Trésor du Roi Charles VII. oui a eu un si grand rang- dans le
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