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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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151 Traité de la Noblesse ,

íc , qui étost permis aux seuls Esclaves, selon la Loi de Licurgue, raporté parPlutarquc in ^ 4 popb:begmatis .

Les Romains a voient du mépris pour la marchandise , fi l’on en oioit Tite-Live,Livre 11. Ottssus cnim Patribus indecorus visas es. La Loi Claudia défendoit auífile négoce aux Patrices & aux Questeurs, comme une chose indécente. D’où vientque Valero Maxim; in Tarquinio Prisco, le blâme de ce qu’il étoìt né d'un pèreMarchand : Jltupcrio d.ignum cenjuit quodpâtre mercatoregenitus ejfet.

]1 y avoir une Loi chez les Thébains, qui obligeoit de ne recevoir personne dansles Charges de leur République , s’ils n’avoient dix ans auparavant abandonné lecommerce , selon Aristote.

Les Lombards haïssoient'tellement le trafic , qu’ils détruisoient les denrées despafians dans les Champagnes.

Les Egyptiens, les Syriaques, les Turcs, les S armâtes, les Grecs ne considé-roient point le commerce , & n’avoient de l’csiime que pour ceux qui croient bra-ves & généreux. '

. Les Espagnols, les Allemands, les Napolitains ont toujours cherché l’éclat» & laréputation j-tenans le trafic au-destous de la Noblesse. Auiìi Bodin dit, que parJe; Poix des Anglois & des Allemands, il leur étoit défendu d’exercer la marchan-dise fi mieux-n’aimoient être du nombre des Marchands Sc des Plebéyens : Brìtan-nar.im C7° Germanorum Icgibus Nobilitati mercaturam exercerc non licct ; aut f Mer-cator effe volet, inter ararios ac plsbeios cenfebitur.

Quant aux François, ils tiennent non feulement, dit Etienne Pasquier en sesRecherches ,-pour un Acte dérogeant à la Noblesse, mais meme pour un crime,d’exercer le négoce ; estimant cette action basse :& ceux qui s’y portent, devien-nent poltrons, abandonnans l’ombre des Lauriers,pour prendre celui des boutiques.

Nos Rois ont autrefois défendu étroitement à la Noblesse toute forte de négoce,de peur qu’elle ne s’avilît, & ne s’ubaissat par ce commerce. Ce fut pour cetteraison que François I. fit une Ordonnance à Aumale cn Avril 15-jO. & que Char-les IX. tenant f es Etats h Orléans l’an 1560. défendit à tous Gentilshommes ,comme aux gens d’Eglise, de trafiquer de marchandise, & de prendre ou de tenirdes fermes par eux , ou par personnes interposées, à peine d’ctre privés du privi-■lége de Noblesse. Cela est conforme aux Constituttons des Empereurs.

Guy Pape écrit , que parle Règlement de la Province de Dauphine, le trafic deMarchandise est défendu aux Nobles ; & s’ils Texercent , ils paient les subsides.Nebilcs exercaìtes mercaturam adstriguntur ad sttbsdia Delphinalia , r.ec taies Mobilesiaudere debmt privìlegio feu immurâtate qttibus gaudent Mobiles .moiliter vivent es ; cequi est conforme à fa Loi 3. §. 1. js.de muncrìbus Cr bonoribns.

Les Elus de Lifieux voulant interpréter ces Ordonnances à la rigueur , imposè-rent aux tailles Fan 1 5 ; 5. Jean Seigneur d’Annehaud & de Brestot, père de Claude,Maréchal & Amiral de France , Lieutenant Général au Gouvernement de Nor-mandie, & de Jacques Cardinal du saint Siège, Evêque de Lifieux , grand Aumô-nier de France; pour avoir herbagé Sc engraissé des bœufs fur Lune de fes terres,cn intention, com m s l’on croît, de les.revendre. Cela n’étoit proprement qu’une.ceconotyie, qui r.’est pas fi odieuse en esset, qu’elle est en aparencc ; & nos Roisrelèvent avec justice ceux qui.la pratiquent.

' Tous ces sentimens si contraires fur le.commerce, n’empêchent pas qu’il ne soit:trcs-recommandable, lors qu’on le fait en gros : & c’est celui qu; nos Rois n’ont•pas défendu aux personnes Nobles : mais seulement le trafic en détail, oh le ren-contrent particulièrement les mensonges, les fraudes & les tromperies propres aux• tommes qui font ce négoce, & non pas au commerce même \ Mercatarum vitia ,

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