Buch 
Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
Seite
274
JPEG-Download
 

z 74 Trdité de la Noblesse,

Princes, pour récompenser le mérite de ceux qui leur avoient rendu quelque serviceconsidérable.

II y a dordinaire des Statuts pour ces Ordres Militaires qui concernent ces troispoints, la Religion, les Mœurs, & la Noblesse. Les deux premiers se justifientpar témoins dignes de foi ; Sc le troisième qui consiste à la Noblesse , se justifie &par témoins Sc par Titres ; Et ceux qui ne peuvent atteindre à lancienne Noblesse,qui ne sacquiert que par les siécles, & par une longue fuite de générations, sapel-lcnt Chevaliers de grâce : parce quils ne peuvent accomplir les Statuts: cest le ter-me dont se fervent les Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem , lorfquils font dis-pensés de faire les preuves dancienne extraction.inTraft. de Tiraqueau dit en élevant la.dignité de Chevalier, que les Empereurs Sc les RoisNobihtaie ne dédaignent pas de prendre le titre de Chevalier, Sc dapeller leurs Compagnons,cap. 8. ceux qui font associés à leurs Ordres : sldde qaod Imperatores & Reges non dedignan-titr militnm nomen & t it aluni Jìbi ajsamere , cìtm Cceteros Milites Commilitones appel-. lant.

Aussi la Chevalerie a été anciennement en telle considération, que les enfans desPrinces & Seigneurs nctoient point admis à la table de leurs pères sils nétoient.Chevaliers : Sc les Ecuyers navoient pas le privilège de manger à la table desGrands , avant quils eussent obtenu le titre de Chevalier ; comme raporte JeanìLìû. i. cap. Dctoe dAquilée en son "Histoire des Lombards.

~ Cest pour cette raison que les Chevaliers ont toujours précédé les Ecuyers. Il

y en a plusieurs exemples ; & entrautres, le Parlement de Rouen donna un Arrêtle 11. Août 1600. en faveur de Philippes de Clinchamp Seigneur de l.aunay Che-valier , auquel fut ajugé la préséance sur le sieur de Lunicu qui tiavoit point cettequalité, dans une contestation pour les honneurs de leur Paroisse au Diocèse dE- vreux. La même chose sut jugée lan 1614. au Parlement de Paris, pour Françoisi'Evêque Seigneur de Marconnay , en conséquence de fa qualité de Chevalier,contre Philippes le Chevalier sieur de la Coutardiére, qui lui difputoit les honneursde lEgli r e de Sanzay en Poitou.

Ce fut fur un pareil motif, que le Parlement de Dijon donna par évocation uiìcélébré Arrêt en saveur de Claude Turgot Chevalier Seigneur de Tourailles , &moins âgé que Jean dEscageul, Ecuyer Seigneur de la Ramée. Leur différentvenoit de ce quils avoient des fiefs dans la Paroisse de Treviéres au Diocèse dsBayeux.

Le Parlement de Rouen prononça un semblable Arrêt pour Jean de Faux Che-valier , Seigneur de Jucoville , contre Jacques Lair Seigneur de Thaire, qui étoitplus âgé que lautre , demeurans en la même Paroisse de Treviéres ; encore queles Réglemens de cette Cour portent expressément quaux Paroistcs il ny aLevit. cap. point de Patron L ay , le pas fera accordé au plus ancien Gentilhomme ddge : Coram19. vers. cano c.ipite confurge , tir honorapersonam senis.

?.w A légard des Ecuyers, dont lun est ancien , & lautre Anobli Se non-Noble de

race , il y a des Arrêts qui favorisent lancienne extraction.

Les Bannerets non-Chevaliers, mais feulement Ecuyers, précédent néanmoinsles Chevaliers, fondés fur lautorité de leur bannière, Sc íur le commandement qui.leur est attribué par le Roi.

Ceux qui deviennent Nobles par Chevalerie, ont un degré au-dessus des Ecuyers,'quoi quils naient pas lancienneté; car les grâces du Prince ne font point inutiles*éc produisent leffet que prétend la puissance qui.les confère.