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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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z r. 6 Traité de Lt Noblesse ,

il avoit été en usage dans la Sénéchaussée de Carcalíonne 8 c est Provence , que lesBourgeois recevoient la Chevalerie des Nobles & Barons, des Archevêques sc Evê-ques , fans la permission du Prince; & que ceux ausquels cet honneur étoit conféré»pouvoient porter les marques de Chevalerie & ( pour fe servir de l’ancien mot )s’éjouir des privilèges qui lui étoient attribué'.

Il fe voie dans un ancien Régi lice en parchemin , dont je dois la communicationà Monsieur d’Hérouval, qu’Albert d’Aûtriche Empereur fit Chevalier Noblehomme Hugues de Bûuville Chambélan du Roi Philippes I V. dit le Bel , & luien fir expédier des Lettres données à Sarbruch le troisième des Ides de Décembrel’an 12.99.

II y avoit une si étroite intelligence entre cet Empereur & le Roi Philippes lsBel , qu’il lui permit de faire des Chevaliers en France ; dont il y e'n a un exempleen la personne de Hugues ou Hue de Bouville Seigneur de Saint Vérain dans lâChâtellenie de MontPhéry l’an 13 18. fous le régne de Louis Hutin.

CHAPITRE CXXV.

Si Lt Noblesse se perpétue d la race , ou bien fi elle périt incontinent on après quel-ques dégrés de génération , fr de /’opinion de ceux qui l’estiment personnelle.

P Lu sieurs ont cru que de la même maniéré , que celui qui est parvenu à la qua-trième génération de Noblesse , c’est-à-dire qui a eu son père , son ayeul, &fou bifayeul dans des Charges & des Emplois anoblissans ,est fans doute estimé No-ble ; aussi qu’il y a des rencontres qui font cester la Noblesse aux enfans des petits-fils de celui qui étoit bien établi dans cette qualité.

Bariole est d’avis que la Noblesse prend fin aux enfans des petits-fils, & que fícet honneur pnííe à quelqu’un, il ne s’érend pas à tous les enfans 8 c defeendans ;mais Pompeius Rochius qui prend l’affirmative , résout que la Noblesse est perpé-tuelle 8 c héréditaire ; 8 c voici les termes dont il fe sert : Verum ad agnatos hœc or-namenta transeant. L'crum efi traits re , sed ut filtra ad unum , vel ad. plures , vel adomr.es pertinent. , dicendum : quamvis enirn Bartholus limites fr fines quojdam Nobi -litati constituât, probetqne Nobilitatem generis, ad nepotum tantum filios propagari,ego t amen has semper nttgas exiflimavi .

P ufeurs anciens & modernes ont estimé que la Noblesse doit être personnelle, &que celui qui dégénéré en doit être privé ; que les Anoblis fans connoilïance de cau-se , ou fur de faux prétextes peuvent être révoqués dans le quatrième dégré. Cecis’est vu fous les régnes derniers ; sc les anciens meme le peuvent être pour leurs cri-mes , don t il y a des exemples dans l’Histcire.

L’on ajoure que ceux qui fe mésallient méritent ausst de perdre leur Noblesse.0n a toujours fulminé contre ceux qui épousent leurs servantes, comme il fe voltdans les déclarations des Rois, 8 c dans les Arrêts-du Parlement. II y a un Arrêtdu Parlement de Paris, en faveur de M. Antoine de Caradas sieur du Héron, Con-seiller au Parlement de Rouen , contre les enfans sortis du sieur de Rames Maîtredes Comptes, sc d’une femme domestique qu’il avoit épousée. En effet, la di-gnité de la Noblesse ne doit pas être prostituée par une conjonction illicite ; son sanggénéreux ne doit point être mêlé avec celui d’une personne vile & abjecte, sc sasplendeur noircie par l’obscurité d’une condition basse.

Ainsi les Pères, dit “Philo ( de Nobìlitate ) qui aiment l’honneur deleurs enfans »ks doivent rejetter sc déshériter, les séparant de leur maison sc de leur famille , lorsqu’ils ont obscurci la dignité de leur naissance , & ce qu’il y avoit de plus illustrejlans leu-r race.