- z 4 6 Traire de la Noblesse ,
fouillant si avant, c’est plutôt chercher la preuve d’une origine roturière que d’uneNoblesse dérogeante , puis qu’il n’y a point, dit-on , de Gentilhomme qui n’aiteu un Roturier pour Ancêtre , ni de Roturier qui n’ait eu quelque Noble parmiZpisi. 44. ft' s devanciers ; ce qui se raporte à ce dire de Sénéque dans sos Epîtres : NeminemRegem non ex servis esse oriundum , neminem non servum ex Regibus. Qmnìa longavarictas miscuit, <y snrsum deorsum fortuna versavit.
Que si tous ont dérogé dans ces sept degrés, il faut obtenir une nouvelle conces-P!aid. 37. sion de Noblesse , ainsi qu’il est remarqué par Mr. le Brc-t en ses Plaidoyers, & par.parx. 88. Therriat en son Traité de la Noblesse de race.
Ceci est contredit par Chalma , qui soutient qu’encore que les Nobles fastent in-cessamment & successivement des actes dérogeans, ils doivent néanmoins être resti-tués dans leur Noblesse.
Pour dire le vrai, il n’y a point de bornes aux grâces du Prince : Puis qu’il estl’image de Dieu dont la miséricorde est infinie , ayant racheté l’homme par [esus-Christ son Pils après soixante & quinze degrés de dérogeante , pourquoi la Nobles-se , qui est une qualité naturelle aux descendans depuis son Auteur, ne sera-1-ellepas relevée ? fur quel fondement est apuyée cette restitution qui veut borner le ré-tablissement qu’on apclle refìitutio natalium à un ou à deux degrés? Il n’y en a ni Loixni Ordonnances, & toutes les opinions contraires ne font fondées que fur un pur ca-price , & fur la fantaisie des ennemis de la Noblesse : & qui est assuré de ne pointdéroger ? Oui fat , caveat ne cadat, disoit le Sage. Ainsi il faut avouer que la dé-rogeante peut être puigée in infìnitum par l’indulgence du Prince.
L’on pourroit demander en quel tems & sous quel régne a commencé l’expédi-tion des'Lettres de dérogeante. A quoi je répons qu’il n’y a point de rétablisse-ment plus formel que celui de la famille de Bureau , accordé par Charles VII-Plusieurs tiennent qu’en cessant de déroger, on doit rentrer dans ses droits de No-• blesse : néanmoins pour plus grande précaution , il faut avoir recours au rétablisse-ment du Souverain ; car i! arriveroit qu’un homme feroit tantôt le personnage deNoble, & tantôt celui de Roturier , & que fa condition deviendroit incertaine;xjui feroit une contradiction manifeste.
CHAPITRE C X L.
.'Si les ensans nés avant la de'rogeance de leur pe're , Cr fi ceux qui naissent âpres ,
perdent leur Noblesse.
L Es ensans nés devant la Noblesse perdue par leur père dérogeant , demeurenten possession de cette qualité , si les Lettres d’ánobliílement portent cetteclause, Pour eux & pour leurs ensans nés & à naître. Car les ensans nés auparavantque le père ait fait des actes dérogeans, font nés Nobles juxta L. emancìpatum fisde Senatoribus , & il n’est pas raisonnable que par le délit d’autrui, ils soient ren-dus non-Nobles, les délits étant personnels, & ne passant pas leurs Auteurs, Ani-ma qute peccaverit, ipsa morietur. .
II est vrai qu’ils tirent en partie leur Noblesse de leurs pères, & en partie du bé- 'néfice du Prince où ils font compris. Quelquefois le père n’a pas été anobli,.maisl’Ayeul ou autre ascendant, de sorte que la Noblesse qui ne procède pas du Père,fe continue par le Père seulement, & le Père ne peut y préjudiciel' pour l’avenir ;■parce que ce qui nous est acquis, ne peut être aliéné par le fait d’autrui , mais feu-lement par le nôtre L. apud sulianum §. fi quis alicuijs. delegatis primo , & B aideest de cette opinion , in L. 1. Cod.per quaspersonas Nobilitas acquìritur.