soumis Bo-dim de Republica li-ber 4 . pag.710 . circaannuml U9^
350 Traité de la Noblesse ,
CHAPITRE C X L I I I.'
Si un Gentilhomme cjtii s'est réduit en une servitude bajse > comme d'être Laquais , valet *de Chambre , Suivant , est Ojsttter d’un particulier au-de(fous de fa nuisance., dérogeà fa Noblcjfe.
L Es Nobles parmi les François se distinguèrent anciennement des Roturiers par-leurs cheveux qu’ils portoient longs, pour marque de leur ancienne liberté :Et si quelqu’un d’entr’eux avoit dérogé , les Loix lui ordonnoient de se retirer horsdu pays , & de couper ses cheveux,. Ce n’étoit donc pas une moindre peine quecelle de l’exil, parce que d’avoir les cheveux ainsi coupés, c’étoit comme une dé-gradation de Noblesse, & être mis entre les Esclaves» Aussi , autrefois les Laquais& autres Serviteurs portoient les cheveux courts, pour marque de leur servitude.Pierre Lombard étant Evêque de Paris obtint du Roi Philippes Auguste, au dire. de Bodin , qu’il seroit permis au peuple de laiíler croître ses cheveux» Vt plebi capillas alere liceret ,
Quand un homme a l’ame assez basse pour quitter l’état de la Noblesse , & s’a-.
‘ donner a un emploi honteux, comme de Laquais & d’Esclave , ne déroge-t-il pas .à l’éclat de sa naissance ? On peut dire justement qu’oui ; car les services indignesque ces sortes de gens font obligés de rendre , font si éloignés d’un tempéramentgénéreux , que Plutarque a remarqué qu’un jeune enfant de Lacédémone qui avoirété pris en une course que les ennemis firent en son pays , se trouvant obligé d’allervuider le pot de chambre du Maître qui l’avoit en son pouvoir , se jetta par la fenê-tre avec ce vase honteux , par l’horreur qu’il conçut d’un tel Office.
II n’y a plus d’Esclaves en France, & quiconque y demeure est censé libre ; com-me il se voit par l’Arrêt qui révoque la permutation -faite en Allemagne d’un Che-val contre un Esclave retourné en France. Mais l’ctat des Laquais a quelque raportà la condition des Esclaves.
On demande si ce n’est pas une plus grande bassesse à un Noble d’être Laquais ouValet de pied, que de faire quelque vil trafic , & de se réduire à l’exercice des Artsmécaniques qui font utiles au public ? Il semble d’abord qu’oui. Aussi le mot deServus est tiré deSerf: Le Laquais est apellé Servus à pedibus. Letitre.de Valetn’est pas ravalé, il se confond avec celui d’Ecuyer ; mais celui de Servus ,.qu’on ditLaquais en langue Basque, est le plus bas & le plus abject.
On a voulu comprendre dans cette forte de dérogeance , les Valets de Chambre -qui passent ordinairement par le dégré de Laquais : Même ceux qui fervent desparticuliers en diverses fonctions. Et la résolution que l’on a prise Ià-desïus , a étéd.’en excepter seulement ceux qui servent les Princes : ainsi qu’il a été jugé par lesCommissaires du Roi en la dernière recherche -des Nobles > & des usurpateurs dutitre de Noblesse, au fait d’un domestique de cette forte, de Monseigneur Henride Bourbon Duc de Verneuil, selon les Mémoires de Monsieur Ménage. Or»y pourroit comprendre ceux qui servent dans les plus anciennes Maisons duRoyaume.
Lorsque l’on est en.service chez les Princes, & spécialement chez 3e Souverain 3on ne déroge point, disent les Auteurs : car s’il a le pouvoir d’anoblir celui qui estd'un lieu obscur, qui pourroit estimer qu’il fit perdre la Noblesse à celui qui estNoble, en lui rendant service. Nam.fi Prmceps ex obfcuro Nobilem facit, qui s pu -têt ejufdtm obfequio Nobilem ejstci ignobilem. Néanmoins Nostradamus nous aprencs*.«ju’à Fréjus en Provence on perdo.it la Nobleíle íì l’on servoit, Et Léger en U.