3 *S Traité de la Nuttefse ,
dote lib. i. dit que le semblable sut observé de son tems, entre les Thraces, lesScythes j les Lydiens, les Perses, les Egyptiens, les Lacédémoniens, les Corin-> ' thiens.
Aristote lib. 7 . polit, dit que les Thébains eurent une Loi par laquelle il étoit or-donné que celui qui ne s’étoit point abstenu dix,ans entiers des arts mécaniques,ne pourroit parvenir aux honneurs de la République : mais le Philosophe Zénonpassa bien plus outre, car il méprisa de telle sorte les artisans, que même il ne vou-loit pas qu’on érigeât des Temples aux Dieux, disant qu’ils seroient toûjours profa-nes à cause des artisans, & Architectes quilles auroient bâtis. Les Poe tes ajou-tent , que les Dieux avoient aussi en tel mépris les arts mécaniques, qu’à cette oc-casion ils refusèrent à Vulcain les honneurs Divins, & le chassèrent de leurs céré-. morues.
Chez les Hébreux , dans l’Ecclesiastique cap. 38 . toute forte d’Architectesétoient exclus des Charges & Offices. /« Ecclesam non transitent, super sedem‘fudicís non tranjìbunt , Q" testament tan sudicii non intelligent, neque palam facientdisciplinam tjr 'judicium. Comme la Noblesse s’acquiert par la vertu , au dired’Horace,
I.;b. 3 . Sa- JVobilitas solo, esì atqnc ttnica virtus :
tyra 1 . 1
Aussi la vie sordide est indigne d’un homme libre & ingénu, Juxta L. 1 . §. 4 .fs. de variis qt extraordin. cognit. L. maritum L. sòrdidorntn Cod. de excusât, man.Lib. 10 . L. Nobilorcs Cod. de commerc. L. nequis Cod. de dignit.
Ce seroit donc une chose ridicule , de soutenir que cette profession des Arts mé-caniques , & la Noblesse peuvent subsister ensemble en un même^ sujet ; ce seroitdire que la lumière & les ténèbres, la vertu & le vice , Sc tous les contraires duinonde peuvent compatir .ensemble ; car la Noblesse étant un ornement de la vertu8c de l’honneur, quelle correspondance pourroit-elle avoir,avec des Métiers où il nefe reconnoit rien que de vil 8c d’abject ?
Lib 1 dit- Socrate le montra très-bien , dit Xénophon, lors qu’ayant aperçu quelques arti-toe 'um & fans tenir place entre les premiers de la Ville dans une aíîemblée publique , il les sitfattorum. chasser de force , leur disant : reposez-vous, malheureux, & vous contentez d’obéirà ceux qui valent mieux que vous ; car vous n’ètes bons, ni pour bien faire , nipour donner conseil 8c avis.
Aussi nous aprenons qu’en tous Etats & Républiques on a toûjours distingué lesfuies casay Nobles d’avec les artisans. César dit dans ses Commentaires, que parmi les Gau-in hb. 6 de lois les Arts mécaniques surent laissés aux populaires.
bc'to Gaili - £ es Romains qui eurent un pareil ordre én leur Etat, fe donnèrent garde fur tou-
ca * tes choses de l’enfreindre : carauffi-tôt qu’ils reconnoissoient un de leurs Nobles se
mêler de cette profession vile, ils l’essaçoient du rang de la Nobleíle > comme il sut
fait à l’endroit des prédécesseurs d’Octavian 8e de Cornélius Sylla , encore qu’ils
* descendissent d’une souche très-'Noblc 8c très-ancienne , ainsi que le remarque Plu-tarque en la vie de Sylla, Cicéron en TEpître qu’il écrit à Octavian , 8c SuétoneTit. Livius en fa vie : jusques-Ià que Tite-Live dit que les Dames Romaines le sçurent bien
ljC6. pratiquer, excluant les femmes populaires & les femmes Patrices qui dérogeoient,
du Temple qui étoit dédié, Pudiciti<t Patricia.
Ensin, il n’y a rien de si contraire à la Noblesse que Tissage des Arts mécani-ques , habentur pro ignobilibus ii qui artificia difiunt , 8c il est très-certain que ceux..quiYen mêlent tombent infailliblement dans la dérogeante.