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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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s L l’Origine des Noms,

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CHAPITRE III.

En quel t CMS on irnposoit les noms chez, les Hébreux, les Romains & tes Grecs. Desnoms des "Juifs convertis, cr des noms des Anglois , E/cojsois, Polonois , Danois,

Hongrois, t éroujlens , Italiens, Clnnois, cif a aires.

O N remarque dans S. Luc que panmi les Juifs, les noms se donnoient lors de la Lut*Circoncision , qui se fa i foi r le huitième jour de la naissance. La raison que l’ondemande de l’obfervation de cette Loi dans ce rems-là, c'est qu'elle met l’ensincnouveau né en péril, parce que l’on lui coupe le prépuce, & que les païens n’ayantpas encore apliqué leur amour & leur tendresse sur lui , la perte leur en étoit plus su-portable s-’iî mouroitdsns ce moment.* Ouonìam amor parentum adhnc levïs gp debilis ,natus enim nan videtur qui cons est im mort nus est . Mais chez les Chrétiens c'est d’or-dinaire au Baptême que l’on impose les noms.

Plutarque <*■, Macrobe b , & Fesse Pompée , disent que les Romains avoient ac- a 7»coutume d’iroposer les noms aux mâles le neuvième jour , & aux femelles le huitié maUs Ro 'me jour pouraporter de la différence entre le sexe : Feteres Romanos maribus nono diefœm 'tnis oílavo nomina imponeresolitos. b ttomno-

Et Aristote récrit que Pensant n’étoit jamais nommé avant le septième jour de fa rum Samr-laativité : Nato infanti ante diem k nativitate feptimum nomen non imponi. nalntm tib.

D’autres sont d’opinion que dans Athènes les noms étoient imposés le dixième *' ca ?‘ I<5,jour de la naissance : Athenis décima die nomina imponi foUtunt fuit. Ce que confirme c £ * saturaAndré Tiraqueau au sujet de l’impoíìtion des noms, selon l’usage des Nations. anmahum.

Anciennement les noms étoient le plus souvent donnés pour marquer la bonne es- Cv ^*pérance que les pères & les mères avoient conçue de leurs enfans , ou bien en té-moignage des vœux q u'ils faisoient pour eux. Mais maintenant on s’attache auxnoms des ancêtres ; le père étant bien aise que son fils porte son propre nom. Ons’attache austi ordinairement aux noms des parains.

C’est pourquoi les Juifs en se converciísans recevoient les noms & les surnoms deleurs parains e car il íc void dans les Mémoriaux de la Chambre des Comptes quisn’ont été communiqués par M. Caille du Fourny l’un de ses Auditeurs, que Louisd’Harcourt Chevalier , Vicomte de Châtelleraut, Gouverneur & Lieutenant Gé-néral pour le Roi Charles VL en Normandie , donna son nom & son surnom à unJuif lors de son Baptême. Et à fa prière tous ses biens qui étoient acquis au Roi luifurent rendus, en considération de ce qu’il avoit embrassé la Loi du nouveau Tes-tament. On lui en expédia un Acte le iz. Mars r;8i. sous le nom de Loysde Har-court n’aguéres Juif, & qui auparavant s’apelloit Joseph de Rezou.

De même, le Roi Louis le Grand faisant l’honneur à un sçavant Juif natif de laville de Mets, d’être son parain , en se faisant Chrétien, lui imposa son nom de Louis,

& le surnom de Compiegne, Ville où se fit la cérémonie de son Baptême. Ainsi ilquitta son premier nom de Daniel de Veille.

Les François Catholiques veulent des noms de Saints & du nouveau Testament.'

Les Protestans ont affecté depuis leur réforme des noms de Patriarches, de Pro-phètes & autres de l’ancien Testament, pour être distingués.

Les noms de Baptême des Anglois, sont ordinairement Saxons, comme Guillau-me, Robert, Ricnard, Henri, Edouard, Edmont, Eduin, Gilbert, Gautier-Léonard , qui sont significatifs.

Et à l’égard des femmes, elles n’avoient autrefois que des noms propres ; en Aií»gleterre elles n’avoient point de surnoms, conformément au droit Romain, comme

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