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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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del’ Origine des Non s. n

Cependant les François n’avoient anciennement qu’un nom en leur langue vul-gaire , propre à exprimer & désigner la Charge honorable ou la vertu dont on étoicdoué, ou la chose que l’on souhaitoit. Rhénan Sc Athamcr font l’interprétationde quelques-uns, comme Clovis Sc Louis, qui signifient homme d’excellente valeur.

Ce qui vient de Luitwich Luìch, voulant diie peuple , Sc TFkh > homme excel-lent. 11 signifie aussi sort Sc réputé des hommes: car Wig , en ancien Allemandse prenoit*, selon quelques-uns, pottr une forteresse & puiiïance , Sc selon d'autres,pour la réputation. Voici l’opinion de Juste Lip'se Poliocqrticon five de Machinis ,Lormentis tellis lìb. i. concernant ce nom & quelqu’autres : Lcodcvicus quasi dicasLiedcuvjckj'cfugium f asjlum poptili quem facimus f scribimus hodie Lodovicum velLudovicum , c 7C. Item Leodolphus Luydaíf auxilium populi, sc. Thcodericus gen-tium dives.

F haramond ou Waramond homme véritable. Karles doux & paisible ; magnani-me & généreux , gentil, Sc fort.

Dagobe-rt Thegcmbreight renommé aux armes. .

Cbilperich Hifrich qui a puissance d’aider.

Henri heuden Reich , Vaillant, ou iWentrcich, homme digne d’honneur.

Childebert Helden Brech ou Helden Wet, homme entre les Champions ou gens dcguerre.

Friderìch ou Fridenrich , paisible ou qui a puiííance de donner la paix.

Marcomire Marc Meier , Gouverneur d'un Pays.

Mais on ne se sert plus communément de ces noms Allemans, & ceux des Saintsfont depuis long-tems en usage dans l’imposition que l’on en fait au Baptême, tanÇaux Nobles qu’aux Roturiers.

CHAPITRE V.

J) es Par ains pour l’imposition des Noms. Des affinités qui se contrarient par le Baptêmt.

(s par la Confirmation. Du changement du nom des jidultes, f que l'on a[quelquefois conféré des dignités lors du Baptême .

L E Pape Agapet nous enseigne dans ses Lettres que nous ne pouvons pas nous- AgapetEmêmes nous servir de.Parainsau Baptême , non plus que nos pères & nos mères; vb'oit en& pour faire observer religieusement cette doctrine , il punit un père Sc une mèrepour avoir entrepris de baptiser & de nommer leur enfant, par la dissolution de leurmariage,

Grégoire de Tours lib. 9. cap, 34. en fournit un exemple fameux, lors qu’ilra-porte que le Roi Chilperic L faisant la guerre en Australie, la Reine Audouaire sonépouse en son absence, tint sur les fonts de Baptême Sc nomma Childeclinde fa fillepar la malicieuse persuasion de Fredegonde sa servante ; car ce Prince étant de retour,Frédegonde lui fit entendre qu’il ne pouvoir plus habiter avec la Reine lans offenserDieu , d’autant qu’elle étoit devenue sa parente spirituelle par ce qu’elle avoir fait;

& cela sut cause du divorce d’entre le Roi & la Reine.

Le nombre des Parains que l’on doit avoir au sacré Baptême n’a pas toujours étéegal , les Allemans en ont pris quelquefois jufqu’à l’infini , d’où vient qu’ils ontplusieurs noms, depuis il falloir quatre parains, dans le siécle dernier trois, & main-tenant ils n’en prennent que deux de différens sexes, quelques-uns s’en procurentgrand nombre pour avoir des amis spirituels, les autres pour s’enrichir. II y en aun exemple dans les Mémoires de M. du Thuit qui avoir résidé dans toutes les Coursde l’Empire avec M. de Bongars'pour les affaires de ce Royaume.