CHAPITRE XVI. 4í
Les Romains à l’cxemple des Athéniens étoient contraints à Tige de 14. ans,temporc pubertatis ou au plus tard à 17. ans qu’ils prenoient la robe virile , de por-teries armes ; & personne n’étoit excusé qu’à 5 p. ans. Deux mille Citoyens pourune feule fois furent déboutés du droit de Bourgeoisie , pour avoir été quatre ansfans aller à la guerre ; mais on en excepta ceux qui avoient été licensiés pour justecause.
En France nos Rois y ont assujetti à dix-huit ans , auquel âge les Gaulois esti-moient leurs enfans capables des exercices de la Guerre , & de paroître cn public.Se/os liberos nist cum adoleverint , ut munus tnilitia subst inere postìnt , palam ad se ,adiré non patiantur. Mais comme ce Royaume est rempli de généreuse Noblesse quine recherche que la réputation , elle n’a jamais épargné en quelque âge que ce soitni son sang ni sa vie pour sa défense , & a toujours conservé pure & inviolable lagloire de sa nation.
Les Perses ont été fort rigoureux à punir ceux qui se vouloient priver de l’hon-ceur de servir dans leurs Armées. Pithius Bithinius tant renommé pour ses richessesnous en fournit un exemple funeste : il rendit à Xerxcs tous les bons offices q u'onpouvoit de tirer en un sujet pour s’acquérir la grâce de son Prince , comme de luiavoir fourni des vivres j»our faire subsister quelque tems cette grande Armée qu’ílleva contre les Grecs : des services si signalés lui dévoient bien faire mériter une re-connoissance ; mais ayant demandé une récompense indigne de la Noblesse , quiétoit de dispenser son fils d'aller à la guerre avec lui , ce témoignage d’un amouraveugle qui le portoit à desirer plutôt l’aife & la satisfaction de son fils que fa gloire,lui fit perdre le fruit & le mérite de tant de bonnes actions, & irrita si fort le cou-rage de ce Conquérant, qu’il fit arrêter ce fils , & le condamna d’être mis en quar-tiers ; ce fut en vérité une rigueur extrême , mais ce Roi jugea que celui-là ne mé-ritoit pas de vivre qui par lâcheté avoir perdu l’honneur.
Les Grecs, au raport d’Ulpian fur Demosthéne , ordonnèrent la peine de mortcontre ceux qui ne s’étoient point enrôlés au Registre de la guerre, dans 1 e jour quiavoir été signifié par le Crieur public : il s’en fallut peu qu’Epaminondas ne l’en-courût pour s’être tenu en repos dans fa maison , Ouamdiu dimicatum est inter cives ;Ce n’étoit point qu’il fut lâche , car fa valeur étoit trop reconnue ; mais pour n’a-voir daigné l’employer au service de sa patrie.
Ceux qui manquoient entre les Romains d’aller à l’armée étoient fustigés, commeécrit Tite-Live. Acerbitas in delettu non damna modo , fed laceratione corporum virgisc&fi qui ad nomma non respondijfent.
Les Loix des François ont été moins févéres, car les Loix Ripueres établies parle Roi Théodoric , réduisoient la peine à une amende de soixante sols. Si quis legi-bus in utilitatem Régis five in hoste , five in aliquam utiliiatcm bannitus fuerit çj‘ mi-nime impleverit ; st agritudo eum non detineat folidit fexaginta mulSletur.
Le Code des Loix Françoiscs se raporte en cela , car elles contiennent la mêmeamende de soixante sols contre les contrevenans. Ouicumque liber homo in hostem ban-nitus fuerit, (f venire contempferit plénum heribannum, id est fexaginta folidos per-solvat.
Grégoire de Tours entre dans le même sentiment de Pamende pécuniaire en cestermes. Ediclum d judicibus datum est , ut qui in hac expeditione tardi sucrant Bannodamnerentur. Plusieurs n’estiment pas qu’un Noble dérogeant de cette maniérépar le défaut de rendre le service de l’Arriére-ban , puisse être privé de ses privilè-ges ; mais nous confoimans à la pensée de nos anciens François, nous ne devons pasprésumer que par le défaut de courage & d’affection aucun du corps de la Noblesseait jamais évité le travail de la guerre ; au contraire si quelqu’un lé trouvoit absent;
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Caii JuliiCtefarisCcmmer.-tariorumde belloGallicolib. 6.
Titus Li-■vius- lib. 7
Titulo 63
Lib. 4. cap;7i.
GregoriusPrsesulTuronen-sis. lib. 7.
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