Chapitre XVII. 43
La nécessité du service a été ordonnée aux Nobles, parce qu’ils tiennent desFiefs 5 & ceux qui ont feulement la Noblesse fans Fief, n’y ont qu’une obligationd’honneur à cause de leur qualité & de f immunité des contributions , fans qu’ilspuillent être notés d’infamie pour leur absence & pour le défaut de comparution.
Monsieur le Bret est de contraire avis, car concluant fur cette matière , tient que Morlleurtous les Nobles de profession qui n’ont fait & ne font service au Roi dans les ar- g^Ávecatniées font déchus de leur privilège , ce qui fe peut entendre de ceux qui ont man- général enqué de servir: mais leur lâcheté ne doit point faire préjudice à leurs defeendans pof- la Courdeílible plus généreux & d’autre inclination que ceux qui font condamnables. Aydes de
Il y a un Arrêt de la Cour des Aydes de Paris, qui déclare déchus de tous privi-léges , les Nobles possedans des Fiefs qui ont refusé de servir ; parce que dégénéransde leurs ancêtres , ils n’ont pas eu le courage de fe mettre en devoir de garantirl’Etat des hostilités & des insultes des ennemis ; ce font les motifs de cet Arrêt. .
Enfin le sexagénaire a toujours été dispensé de servir en France. Il est du nombre g ^oriL 'de ceux que Pline apelle Confummatos gladiatores , qui ne pou vans plus porter les n â t uralis.armes les aboient consacrer au Temple d’Hercule.
Pour l’âge de servir , il a été souvent réglé à vingt ans, suivant ^Ordonnance du14. May 1630. ou à vingt-un an , qui est le tems qu’un Gentilhomme fort de gar-de ; & pour ceux qui sont d’une complexion robuste à dix-huit ans, conformémentaux Réglemens du Roi Philippes le Bel del’an 1303.
CHAPITRE XVII.
P reuves tirées de divers Auteurs pour justifier T ancienneté du Bmí & Arriêreban,
L Es convocations du Ban 8 c Arriêreban ont pour fondement l’ancien usage , &les Ordonnances faites fur ce sujet, elles expliquent qu’il y a deux motifs del’assembler : Le premier, lors que les Etrangers font entrés dans le Royaume pourl’envahir. Le dernier, lors qu’il y a quelques Sujets rebelles qui se veulent séparerde l’obéissance du Souverain.
Ban signifie Cri & Proclamation publique. Her en Alleman signifie Seigneur ;ainsi Héréban signifie Avertissement à Cri public que fait le Seigneur Souverain àtous (es Vassaux de se trouver en armes en tel lieu pour le fait de la guerre ; ce motcorrompu par un long usage de Héréban a sait Arriêreban. Guy Coquille de Rome-nay en son Histoire du Pays & Duché de Nivernois, fol. 119. izo. 8 c 121.
Ban en ancien langage Tudesque reçu en France signifie un Cri & Proclamationpublique, inde, Ban de mariage ; en guerre, sonner un Ban au Tambour, Bandevignes, bannissement, pour ce que celui qui est condamné à exil est proclamé àCri public , être exilé, & avoir perdu les droits de Cité & de Bourgeoisie , inde ,
Héréban abusivement est dit Arriêreban , qui est l’avertissement à Cri public que-fait le Souverain à tous Vassaux de fe trouver en armes en tel lieu pour le fait de laguerre; & Ber qui est Allemand signifie Seigneur, ibidem , Guy Coquille Histoirede Nivernois fol. 12 1.
Ban, Hierban , ce que c’est, &d’où il est dit. Coquille fur la Coutume deNevers tit. 13. art. 1.
Baridan fur la Coutume de Vermandois art. 2.
Convocation des Barons 8 c des Evêques faite à Mante par le Roi Philippes-Au-guste. Anno 1209. Philippin Rex congregavii exercitum apud Medontam castrum&c.cnm omnes Barons s & Epis opi vocati amunc exercitum &c. Scilicet propter temporalìaqu# ab co fcodaliter tenebantur &c. Rigorbus de gestìs Philippi //. Régis folio 49.
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