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Tome second.
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34 D E l’ E S P R I T.

s’anner contre l’infracteur de ces conventions ; que cefut ainsi que , de tous les intérêts des particuliers, seforma un intérêt commun , qui dut donner aux diffé-rentes actions les noms de justes, de permises & d in-justes , selon qu’elles croient utiles , indifférentes ounuisibles aux sociétés.

Une fois parvenu à cette vérité , je découvre faci-lement la source des vertus humaines : je vois que,fans la sensibilité à la douleur & au plaisir physique,les hommes fans désirs, fans pallions, également in-différeras à tout, iseuffent point connu d’intérêt per-sonnel ; que , sans intérêt personnel, ils ne se fuirentpoint rassemblés en société , n eussent point fait entreeux de conventions, qu'il n’y eut point eu d’intérêtgénéral, par conséquent point d actions justes ou in-justes ; & qu’ainíi la sensibilité physique &c l’intérêtpersonnel ont été les auteurs de toute justice (i).

Cette vérité, appuyée fur cet axiome de jurispru-dence : L’intérct c/l la mesure des acllons des hommes ,& confirmée d’ailleurs par mille faits, ne prouve que,vertueux ou vicieux , félon que nos pallions ou nosgoûts particuliers font conformes ou contraires à l’in-térêt général, nous tendons si nécessairement à notrebien particulier , que le législateur divin lui-même acru , pour engager les hommes à la pratique de lavertu, devoir leur promettre un bonheur éternel enéchange des plaisirs temporels qu’ils font quelquefoisobligés d’y sacrifier.

(il On ne peut nier cette proposition, sans admettreles idées innées.

• ‘Me