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Tome second.
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B S L’ E S P R t T. 35

Ce principe érabli, mon esprit en tire les consé-quences : Sc j’apperçois que toute convention où l'in-térêt particulier se trouve en oppolition avec l’intêrétgénéral, eût toujours été viciée , íì les législateursn’euílènt toujours proposé de grandes récompenses àla vertu ; & qu’au penchant naturel qui porte tous leshommes à l’uíurpation , ils n eussent, sans celle , op-posé la digue du déshonneur Sc du supplice : je voisdonc que la peine Sc la récompense sont les deux seulsliens par lesquels ils ont pu tenir i'intérêt particulieruni à l’intérêt général : & j’en conclus que les loisfaites pour le bonheur de tous ne seroient observéespar aucun, fi les magistrats n’étoientarmés de la puis-sance nécessaire pour en assurer l’exécuticn. Sans cettepuissance, les lois , violées pat le plus grand nombre,íeroient, avec justice , enfreintes pat chaque parti-culier ; parce que les lois n'ayant que futilité publiquepour fondement,si-tôt que,par une infraction géné-rale, ces lois deviennent inutiles, dès-lors elles fontnulles, Sc cessent d’être des lois ; chacun rentre enses premiers droits ; chacun ne prend conseil que deson intérêt particulier, qui lui défend, avec raison,d’observer des lois qui deviendroient préjudiciables àcelui qui en (eroit l'observateur unique. Et c’est pour-quoi , fi, pour la sûreté des grandes routes, on eûcdéfendu d’y marcher avec des armes ; Sc que, fautede maréchaussée , les grands chemins fullent infestésde voleurs ; que cette loi, par conséquent, n eût pointrempli son objet ; je dis q u'un homme pourroit non-seulement y voyager avec des armes, & violer cette

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