DE L' E S P R I T.
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CHAPITRE IX.
De Vorigine des Passions.
Pour s’élever à cette connoiííance, il faut distinguerdeux lottes de passions.
II en est qui nous ssnt immédiatement données parla nature ; il en est auílì que nous ne devons qu’à réta-blissement des íociétés. Pour savoir laquelle de ces deuxdiftérentes espèces de paillons a produit l’autre, qu’onse traniporte en esprit aux premiers jours du monde.L’on y verra la nature , par la soif, la faim, le froidSc le chaud, avertir l’homme de ses besoins, & atta-cher une infinité de plaisirs Sc de peines à la satisfactionou à la privation de ces besoins : on y verra l’hommecapable de recevoir des impreílìons de plaint Sc de dou-leur , Sc naître, pour ainsi dire , avec l’amour de l’unSc la haine de l’autre. Tel est l’homme au sortir desmains de la nature.
Or, dans cet état, l’envie , l’orgueil , '.'avarice,1 ambition n’existoient point pour lui : uniquementsensible au plaisir & à la douleur physique, il ignoroirtoutes ces peines Sc ces plaisirs factices que nous pro-curent les pallions que je viens de nommer. De pa-reilles passions ne nous font donc p>as immédiatementdonnées par la nature ; mais leur existence , qui sup-pose celle des sociétés, suppose encore en nous le germe
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