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Dans ces avares voluptueux, qui ne méritent pasproprement ie nom d’avares, l’avarice est donc l’efFecimmédiat de la crainte de la douleur & de l’amour dupiuiur phyitque. Mais, dira- t-on, comment ce mêmeamour du plaint, ou cette même crainte de la douleurpeuvent - iis l’excirer chez les vrais avares , chez cesavares infortunés qui n’éc'nangent jamais leur argentcontte des plaisirs 1 S’ils passent leur vie dans la disettedu nécessaire , & s’ils s'exagèrent à eux mêmes & auxautres le plaisir attaché à la polìeíìion de l ot , c’estpour s'étourdir fur un malheur que períonnene veutni ne doit plaindre.
Quelque surprenante que soit la contradiction quise trouve entre leur conduite & les motifs qui les fontagir, je tâcherai de découvrir la eau le qui, leur lais-sant dehrer, fans celle, le plaisir, doit toujours les enpriver.
J’cbíerverai d'abord que cette ferre d’avarice prendfa source dans une crainte excessive & ridicule, Sc dela pesisbilité de l’indiger.ce & des maux qui y íontattachés. Les avares íont a fiez semblables aux hypo-condres, qui vivent dans des transes perpétuelles , quivoient par-tout des dangers, & qui craignent que toutce qui les approche ne les casse.
C’est parmi les gens nés dans l’indigence qu’on ren-contre le plus communément de ces sortes d avares;ils ont par eux - mêmes éprouvé ce que la pauvretéentraîne de maux à ía fuite : auíïî leur folie, à cetégard , est - elle plus pardonnable qu elle ne le feroità des hommes nés dans l’abondance , parmi lesquels