y r. DE L ESPRIT,
cn ne trouve guère que des avares fastueux ou vo-luptueux.
Pour faire voir comment, dans les premiers, lacrainte de manquer du nécessaire les force toujours às’en priver ; supposons qu"accablé du faix de l’indi-gence., quelqu’un d entre eux conçoive le projet des’y soustraire. Le projet conçu , l’elpérance austì-rôtvient vivifier ícn ame affaissée par la misère; elle luirend l’activité, lui fait chercher des protecteurs, l’en-chaîne dans l’antichambre de ses patrons , le force às'intriguer auprès des ministres, à ramper aux piedsdes grands, & à se dévouer enfin au genre de vie leplus triste, jusqu’à ce qu’il ait obtenu quelque placequi le mette à 1 abri de la misère. Parvenu à cet état,le plaiss fera-t-il Ionique objet de fa recherche?Dans un homme oui, par ma supposition , sera d’uncaractère timide & défiant, le souvenir vif des mauxqu’il a éprouvés , doit d abord lui inípirer le désir des’y soustraire, & le déterminer , par cette raison , àse refuser juíqo’à des besoins dont il a, par la pau-vreté , acquis rhabitude de íe priver. Une fois au-delíus du besoin, si cet homme atteint alors l’âge deírente-cinq ou quarante ans; si l'amour du plaiss, dontchaque instant émouffe la vivacité, se fait moins vive-ment sentira son cœur, que fera-t-il alors? Plus difficileen plaints, s’il aime les femmes , il lui en faudra deplus belles, & dont les faveurs soient plus chères : ilvoudra donc acquérir de nouvelles richelîes peur sa-tisfaire (es nouveaux goûts : or, dans l’efpace de tempsqu’il mettra à cette acquiíui on, li la défiance & la timi-