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Tome second.
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D E l' e s P R I T. 93

dìté,qui s’accroilsent avec l’âge, Sc qu’on peut regar-der comme l'esset d u lenrimenr de notre foibìeíse, luidémontrent qu’en fait de richesses , ajse% n est jamaisaífez ; & fi son avidité se trouve eu équilibre avec sonamour pour les plaisirs, il íera soumis alors à deuxattractions différentes : pour obéir à Tune & à l'autre,cet homme, sans renoncer au plaisir, le prouvera qu'ildoit, dit moins, en remettre la jouissance au tempsoù , possesseur de plus grandes richesses, il pourra ,fans crainte de 1 avenir, s'occuper tour entier de íesplaisirs présens. Dans le nouvel intervalle de tempsqu’il mettra à accumuler ces nouveaux tréíors, íi l’âgele rend tout-à-sait insensible au plaisir, changera -1 ilson genre de vie ? renoncera -1 il à des habitudes quesurcapacité d’en contracter de nouvelles lui a renduchères ì Non, fans doute ; Sc satisfait, en contemplantses trésors, de la possibilité des plaisirs dont les richeliesfont l’échange, cet homme, pour éviter les peines phy-siques de l’ennui, se livrera tout entier à les occupa-tions ordinaires. II deviendra même d autant plus avaredans fa vieiilelìe, que 1 habitude d’amailer n'étant pluscontrebalancée pat le désir de jouir, elle ieca, au con-traire , soutenue en lui par la crainte machinale quela vieillesse a toujours de manquer.

La concluiion de ce chapitre, c est que la crainteexcessive & ridicule des maux attachés à l'indigence,est la cause dei’apparenrecontradictionqu’onremaLqiieentre la conduite de certains avares & les motifs qui lesfont mouvoir. Voilà comme, en délirant toujours leplaisir , l’avarice peut toujours les en priver.