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l’ e s p r i r.
CHAPITRE XI.
De VAmbition*.
ÎL e crédit attaché aux grandes pinces, peut, ainsi queles richesses, nous épargner des peines , nous procurerdes plaisirs , & , par conséquent, être regardé commeun échange. On peut donc appliquer à I ambition ceque j’ai dit de I avarice.
Chez ces peuples sauvages dont les chefs ou les roisnom d’autre privilège que celui d'ècre nourris & vêtusde la chaíle que font pour eux les guerriers de la nation,le désir de sulfurer les beíoins y fut des ambitieux.
Dans Rome naissante, lorlqu'on n’aísignoit d’autrerécompenle aux grandes actions que letendue de ter-rein qu’un Romain peuvoit labourer & défricher ennn jour, ce motif fuíhíoit pour former des héros.
Ce que je dis de Rome , je le dis de tous les peuplespauvres ; ce qui chez eux forme des ambitieux , c’eífcle désir de íe soustraire à la peine & au travail. Aucontraire , chez les nations opulentes, où tous ceuxqui prétendent anx grandes places , lont pourvus desrichesses nécessaires pour fe procurer non-feulementles besoins, mais encore les commodités de la vie ,c’esi presque toujours dansl’amour du plaisir que l’am-bition prend naissance.
Mais, dira -1 on, la pourpre, les thiares, 8c génè-