De esprit. ( 9Çrâlement toutes les marqués d’honneur, ne font furnous aucune impression physique de plaisir : l’ambi-tion n'est donc pas fondée íur cet amour du plaisir,mais fur le désir de l’estime & des respects ; elle n’estdonc pas l’eífet de la sensibilité physique.
Si le désir des grandeurs > répondraj-je, n’étoit alluméque par le désir de l’estime & de la gloire, il ne s’éle-veroit d’ambitieux que dans des républiques telles quecelles de Rome & de Sparte, où les dignités annon-çoient communément de grandes vertus &: de grandstalens dont elles étoient la récompense. Chez ces peu-ples , la polfelìion des dignités pouvoir flatter l’orgueil;puisqu’elle assuroit un homme de l’estime de ses con-citoyens ; puisque cet homme , ayant toujours degrandes entreprîtes à exécuter, pouvoir regarder lesgrandes places comme des moyens de s’illustrer & deprouver fa supériorité sur les autres. Or, l’ambitieuxpoursuit également les grandeurs dans les siècles oùces grandeurs font le plus avilies par le choix des hom-mes q u’on y élève, &, par conséquent > dans les tempsmême où leur poííetsion est moins flutteuíe. L’am'oi-tien n’est donc pas fondée íur le désir de l’estime. Envain di roi r-on qu a cet égard l’ambitieux peut se trom-per lui-même : les marques de considération qu’on luiprodigue, l’avertiífent à chaque instant que c’est faplace & non lui qu’on honore. II sent que la considé-ration dont il jouit, n’est point personnelle , qu’elles'évanouit paria mort ou la disgrâce du maître; quela vieillesse même du prince sussìr pour la détruire;qu’alors les hommes, élevés aux premiers postes, font