y6 DEL’ ESPRIT.
autour du souverain comme ces nuages d’or , quiaílutent an coucher du soleil, & dont la íplendeurs obscurcit & diíparoît à mesure que l’astre semoncefous l’horizon. II la mille fois oui dire : & l’a lui-même mille fois répété, que le mérite if appelle pointaux honneurs ; que la promotion aux dignités n’estpoint, aux yeux du public, la preuve d’un mériteréel ; qu’elle est , au contraire, presque toujours re-gardée comme le prix de l’intrigue , de la bastesse Scde rimportuniré. S’il en doute , qu’il ouvre l’histoire,& sur tout celle de Byzance ; il y verra qu’un hommepeut être à la fois revêtu de tous les honneurs d'unempire & couvert du mépris de toutes les nations.Mais je veux que , confusément avide d'estime, l’am-bitieux croie ne chercher que cette estime dans lesgrandes places : il est facile de montrer que ce n’estpas le vrai motif qui le détermine ; & que , lur cepoint, il le fait illusion à lui - même ; puiíqu’on neddìre pas, comme je le prouverai dans le chapitre delorgner!, l’estime pour l’estime même, mais pour lesavantages qu’elle procure. Le deíir des grandeurs n’estdonc point leste t du deíîr de 1 estime.
A quoi donc attribuer l’ardeur avec laquelle on re-cherche les dignités ? A l’exc-mple cle ces jeunes gensriches, qui n’aimenr à se montrer au public que dansun équipage leste & brillant , pourquoi i’ambitieuxne veut-il y paro'itre que décore de quelques marquesd’honneur? C'est qu il considère ces honneurs commeun truchement qui annonce aux hommes ícn indé-pendance , la puissance qu'il a de rendre, à son gré,
plusieurs