del'esprit.
un moment, que tu n’es pas moins supérieur auxautres hommes que les iníectes leur sont inférieurs ;alors tu ne verras, dans les courtisans, que des abeillesqui bourdonnent autour de leur reine ; le lceptre mêmene te paraîtra plus qu’une gloriole.
Pourquoi les hommes ne prêteront-ils jamais l’oreilleà de pareils discours 2 auront ils toujours peu de con-sidération pour ceux qui ne peuvent guères, & pré-féreronc-ils toujours les grandes places aux grands ta-lens :• C’est que les grandeurs ícnt un bien, 8c peuvent,ainlî que les richesses, être regardées comme lechanged’une infinité de plaihrs. Auffi les recherche-t-cn avecd’autant plus d’ardeur qu’eiles peuvent nous donnerfur les hommes une puissance plus étendue , 8c , parconséquent, nous procurer plus d’avantages. Unepreuve de cette vérité, c’est qu’ayant le choix du trôned’Ispahan ou de Londres, il n’est presque períonnequi ne donnât a u sceptre de fer de la Perse la préfé-rence sur celui de l’Angleterre. Qui doute cependantqisaux yeux d’un homme honnête le dernier ne parutle plus désirable ; 8c qu’ayant à choisir entre ces deuxcouronnes , un homme vertueux ne íe déterminât enfaveur de celle où le roi , borné dans son pouvoir,se trouve dans l’heureuse impuissance de nuire à lessujets ? S il n’est cependant presque aucun ambitieuxqui n’aimât mieux commander au peuple esclave desPersans qu’au peuple libre des Anglois, c’est qu’uneautorité plus absolue sur les hommes les rend plusattentifs à nous plaire ; c’est qu’instruits par un instinct:secret, mais sûr, on fait que la crainte rend toujours
* » fl .feu