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physique, qu’on doit considérer comme l’ame univer-selle de cette nation : chez les Sauvages du septentrion,qui, louvent exposés à des famines afíreuíes, font tou-jours occupés de chaise Sc de pèche , c’est la faim Scncn l’amour qui produit toutes les idées ; ce besoinest en eux le germe de toutes leurs pensées : auísi,presque toutes les combinaisons de leur esprit neroulent-elles que fur les ruses de la chaise 6 c de lapèche , & iur les moyens de pourvoir au besoin de lafaim. A11 contraire, l’amour des femmes est, chez lesnations policées, le ressort presque unique qui lesmeut (1). En ces pays, l’amour invente tout, produit
( 1 ) Ce n’est pas que d’autres motifs ne puissent allumeren nous le feu de sambition. Dans les pays pauvres, ledésir de pourvoir à ses besoins suffit, comme je l’ai ditplus haut, pour faire des ambitieux. Dans les pays despo-tiques , la crainte du supplice, que peut nous faire subirle caprice d’un despote , peut former encore des ambi-tieux. Mais chez les peuples policés , c’est le désir vaguecu bonheur; désir qui fe réduit toujours, comme je l’aidé;à prouvé, aux plaisirs des sens, qui, le plus commu-nément, inspire l’amour des grandeurs. Or, parmi cesplaisirs , je fuis , fans doute, en droit de choisir celui desfemmes, comme le plus vif & le plus puissant de tous.Une preuve, qu’en effet ce font les plaisirs de cette es-pèce qui nous animent, c’est que l’on n’est susceptible del’acquisition des grands talens & capable de ces résolutionsdésespérées, nécessaires quelquefois pour monter aux pre-miers postes, que dans la première jeunesse, c’est-à-dire,dans l’áge où les besoins physiques se font le plus vive-ment sentir. Mais, dira-t-on, que de vieillards montentavec plaisir aux grandes places ? Oui ; ils les accepteijtj