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plus prompte fur le bonheur public , que les maximesd’un sage , qui ne paroiflent immédiatement utilesqu’au petit nombre de ceux qui veulent être éclairés.
Or, s’il n’est cependant en France personne qui nepréférât la gloire des armes à celle des lettres, j'cn con-clus que ce n’eíl: qu’au désir d’être ellimé qu’on doitle désir d’être estimable, Sc que l’orgueil n’est quel’amour même de 1 estime.
Pour prouver eníuite que cette passion de l’orgueilou de l’estime est un effet de la sensibilité physique,il faut maintenant examiner si l’on deíìre l’estime pourl’estime même, Sc si cet amour de l’estime ne íeroitpas l’effet de la crainte de la douleur Sc de l’amour duplaisir.
A quelle autre cause, en effet, peut-on attribuerl’empresièment avec lequel on recherche l’estime pu-blique? Seroit-ce à la méfiance intérieure que chacuna de son mérite, Sc par conléquent à l’orgueil qui,voulant s’estimer, & ne pouvant s’estimer seul, abesoin du suffrage public pour étayer la haute opi-nion qu’il a de lui même, Sc pour jouir du sentimentdélicieux de ion excellence î
Mais si nous ne devions qu’à ce motif le désir del’estime, alors l’estime la plus étendue, c’est-à-dire,celle qui nous seroit accordée par le plus grand nombred’hommes , nous paroîtroit, lans contredit, la plusflatteuse Sc la plus désirable, comme la plus propre àfaire taire en nous une méfiance importune, Sc à nousrassurer fur notre mérite. Or, supposons les planèteshabitées par des êtres semblables à nous : supposons
qu’un