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Tome second.
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DE L' E S P R I T. HZ

Cjvi’im génie vînt, à chaque instant, nous informerc'c ce qui íe passe, & qu’un homme eût à choisir entrel’estime de son pays & celle de tous ces mondes cé-lestes : dans cette supposition, n’est-il pas évident quece seroit à Iestime ia plus étendue, c’est-à-dire, àceilc de tous les habitans planétaires, qu’il devroicdonner la préférence fur celle de ses concitoyens? IIn est cependant personne qui, dans ce cas, ne se dé-terminât en faveur de l’estime nationale. Ce n est doncpoint a u désir qu’on a de s’allurer de son mérite, qu’ondoit le désir de l’estiine, mais aux avantages que cetteestime procure.

Pcurs’c-n convaincre, qu’on fe demande d’où vientlemprestèment avec lequel ceux qui le disent le plusjaloux de l’estime publique, recherchent les grandesplaces dans les siècles même où, contrariés par desintrigues & des cabales, ils ne peuvent rien faire d’utileà leur nation ; où , par conséquent, ils sont exposés àla risée du public , qui, toujours juste dans ses juge-mens, méprise quiconque est allez indistérent à sonestime pour accepter un emploi qu’il ne peut remplirdignement ; qu’on se demande encote pourquoi l’onest plus flatté de l’estimed’un prince que de celle d’unhomme fans crédit : & l’on verra que , dans tous lescas, notre amour pour l’estime est proportionné auxavantages qu’elle nous promet.

Si nous préférons à l’estime d’un petit nombred’hommes choisis , celle d une multitude fans lu-mières, c’est que, dans une multitude, nous voyonsplus d’hcmmes soumis à cette eipèce d’empire queTome ÎI. H