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Mais fi le sentiment de 1 amitié, beaucoup plusdurable que celui de l’arnour, a cependant ía nais-sance, son accroillement & ion dépérissement ; quile lait ne p aise pas du moins de famine la plus vive àla liaine la plus forte, 1k n’est point exp.olé à détes-ter ce qu’il a aimé. Un ami vient—il à lui manquer ;il ne s'emporte point contre lui ; il gémit íur la naturehumaine, & s'écrie en pleurant : Mon ami n a plusles mêmes besoins.
11 est allez difficile de se faire des idées nettes def amitié. Tout ce qui nous environne cherche, à cetégard, à nous tremper. Faimi les hommes, il en estqui, pour íe trouver plus estimables à leurs propresyeux, s'exagèrent à eux-mèmes leurs sentimens pourleurs amis, le font de l'amitié des descriptions roma-nesques , 8c s en persuadent la réalité, jusqu’à ce quel’occalion, les détrompant eux & leurs amis, leur ap-prenne qu’ils n’airo oient pas autant qu'ils le peu soient.
Ces lottes de gens prétendent ordinairement avoirîe besoin d’aur.er & d’ètre aimés très-vivemenr. Or,comme on n’est jamais ii vivement frappé des vertusd un homme que les premières fois qu’en le voir ;comme l’nabitude nous rend inseníìbles à la beauté,à sel pi'' Òc même aux qualités de lame; & que nousne sommes enfin fortement émus que par le plaisir dela surprise ; un homme d'eíprir diíoir aise z plailam-ment, à ce lujc-t, que ceux qui veulent être aimés íìvir ement (i), doivent, en amitié comme en amour,
(i) f amitié n'est pas, comme le prétendent certaines