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Tome second.
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tZÎ DE l’ E S P R I T.

Exposés à rant 6 erreurs, il est donc très - difficilede se faire des notions nettes de laminé. Mais, dira-t-on , quel mal ?. s’exagérer un peu la force de ce sen-timent ? Le mal d’habituer les hommes à exiger deleurs amis des perfections que la nature ne comportepas.

Séduits par de pareilles peintures, mais enfin éclairéspar 1 expérience , une infinité de gens nés sensibles ,mais lassés de courir fans celle après une chimère ,le dégoûtent de laminé , à laquelle ils eussent étépropres , s'ils ne s'en sussent pas fait une idée roma-nesque.

L'amitié suppose un besoin ; plus ce besoin seravif, plus l'amitié lera forte : le besoin est donc la me-sure du sentiment. Qu'échappés du naufrage , unhomme & une femme íe sauvent dans une iste déserte ;que là , sans espoir de revoir leur patrie, ils soientforcés de se prêter un secours mutuel pour se défendredes bêtes féroces, pour vivre & s’arracher au déses-poir : nulle amitié plus vive que celle de cct homme& de cette femme , qui se seroient peut-être détestés,s’ils fussent restés à Paris. L’un des deux vient - il àpérir ? l'antre a réellement perdu la moitié de lui-mème ; nulle douleur égale à fa douleur : il faut avoirhabité liste déserte , pour en sentit toute la violence.

Mais , si la force de l’amitié est toujours propor-tionnée à nos besoins , il est, par conséquent, desformes de gouvernement, des mœurs, des conditionsSc enfin des siècles plus favorables à l’amitié les unsque les autres.