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Tome second.
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du courage , de la discrétion , de la fermeté, des lu-mières & de la prudence ; qualités qui, absolumentnécessaires dans ces momens de troubles , & rarementraíïemblees dans le même homme, doivent le rendreextrêmement chei à son ami.

Si, dans nos mœurs actuelles, nous ne demandonsplus les mêmes qualités (i) à nos amis, c’est que cesqualités nous font inutiles ; c’est qu’on n’a plus desecrets importuns à fe confier , de combats à livrer,<5c qu’on n’a , par conséquent, besoin ni de la pru-dence , ni des lumières, ni de la discrétion, ni ducourage de son ami.

Dans la forme actuelle de notre gouvernement,les particuliers ne íont unis par aucun intérêt commun.Pour faire fortune , on a moins besoin d’amis que deprotecteurs. En ouvrant l’enrréede toutes les maisons,le luxe , Sc ce qu’on appelle l’efprìt de société, asoustrait une infinité de gens au besoin de l’amitié.Nul motif, nul intérêt suffisant pour nous faire main-tenant supporter les défauts réels ou respectifs de nos

(i) Dans ce siècle, l’amitié n’exige presque aucune qua-lité. Une infinité de gens fe donnent pour de vrais amis,pour être quelque chose dans le monde. Les uns fe fontsolliciteurs bannaux des affaires d’autrui, pour échapperà f ennui de n’avoir rien à faire ; d’autres rendent des ser-vices , mais les font payer, à leurs obligés, du prix del’ennui 8c de la perte de leur liberté ; quelques autresenfin , fe croient très-dignes d’amitié , parce qu’ils serontsûrs gardiens d’un dépôt ; 3c qu’ils ont la vertu d’un coffrefort.