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ik par le coníeil d’autrui : les leconds lont ces cnrac-r ères mornes , sévères, despotiques , & qui, chaudsamis de ceux qu ils tyrannilent, íont assez semblablesà Tune des deux femmes de Socrate , qui, à la nou-velle de la mort de ce grand-nomtne , s’abandonna àune douleur plus vive que la seconde ; parce que celle-ci , d’un caractère doux & aimable , ne perdoit dansSocrate qu’un mari, lorsque celle-là perdoit en lui lemartyr de ses caprices, & le leuì homme qui pût lessupporter.
II est enfin des hommes exempts de toute ambition,de toutes pallions fortes, 8c qui font leurs délices dela conversation des gens instruits. Dans nos mœursactuelles , les hommes de cette espèce, s’ils font ver-tueux , font les amis les plus tendres 8c les plus cons-tans. Leur arne, toujours ouverte à famine, en con-noir tour le 'charme. N’ayant, par ma supposition ,aucune paffion qui puisse contrebalancer en eux cesentiment, il devient leur unique besoin : aussi font-ils capables dune amitié très-éclairée 8c très-coura-geufe, fans qu’elle le soit néanmoins autant que celle•des Grecs 8c des Scythes.
Par la raison contraire, on est, en général, d’autantmoins susceptible d’amitié , qsson est plus indépen-dant des autres hommes. Auslì les gens riches & puif-sans font-ils communément peu sensibles à famitié ;ils passent même ordinairement pour durs. En effet »soir que les hommes íoient naturellement cruels, routesles fois qu’ils peuvent l’être impunément, soit que lesriches & les puissans regardent la misère d’autrui
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