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comme un reproche de leur bonheur, íoit enfin qu’ilsveuillent fe soustraire aux demandes importunes desmalheureux ; il est certain qu’ils maltraitent presquetoujours le misérable (1). La vue de l’insortuné sait,sur la plupart des hommes , lester de la tête deMéduíe : à son aspect , les cœurs se changent enrocher.
II est encore des gens indifférons à lamifié ; Sc cefont ceux qui se íustiíent à eux-mêmes (2). Accou-
(1) La moindre saute qu’il sait est un prétexte suffisantpour lui refuser tout secours : on veut que les malheureuxsoient parfaits.
(2) 11 est peu d’hommes dans ce cas : & cette puissancede fe suffire à foi-même, dont on sait un attribut de ladivinité , 8c qu’on est forcé de respecter en elle, est tou-jours mise au rang des vices , lorsqu'on la rencontre dansun homme. C’est ainsi qu’on blâme, fous un nom, cequ’on admire fous un autre. Combien de fois n’a-t-on pas,fous le nom d insensibilité, reproché à M. de Fontenellela puissance qu’il avoit de se suffire à lui-même, c’est-à-dire , d’ètre un des plus sages &c des plus heureux deshommes ?
Si les grands de Madagascar font la guette à tous ceuxde leurs voisins dont les troupeaux sont plus nombreuxque les leurs ; s’ils répètent toujours ces paroles : Ceux-làsont nos ennemis qui font plus riches & plus heureux que nous ;on peut assurer qu’à leur exemple, la plupart des hommesfont pareillement h guerre au sage. 11s haïssent en lui unemodération de caractère qui, réduisant ses désirs à ses pos-sessions , fait la critique de leur conduite , & rend le sagetrop indépendant d’eux. Ils regardent cette indépendancecomme le germe de tous les vices 5 parce qu’ils sentent